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Pour une Conférence des directeurs d’écoles et formations de management

J. P. NIOCHE

Revue Française de Gestion

2017, vol. 43, n°268, pp.133-147

Départements : Stratégie et Politique d’Entreprise

https://www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2017-7-page-133.htm#no32


Avec environ 300 000 étudiants, le secteur des formations au management est, comme dans de nombreux pays développés, le premier en effectifs dans l’enseignement supérieur français. Il est aussi un champion dans les classements internationaux (Financial Times, 2017). Mais il n’est pas vu et respecté comme tel en France, où il est un nain dans le jeu institutionnel. Il est aussi le seul, et ce n’est pas un hasard, à ne pas être doté d’une instance représentative unifiée de ses établissements. Concentrés sur la concurrence internationale ou sur des rivalités corporatistes franco-françaises, beaucoup de leurs dirigeants semblent négliger le jeu collectif dont dépendent pourtant les conditions même de leur action : cadre juridique, ressources, influence sociétale. Or il n’y a pas de compétitivité internationale sans une solide base de légitimité nationale. Le texte qui suit est consacré à cette question, qui exige d’embrasser l’ensemble du secteur.Nous proposons ici de nommer, au sens large, « Écoles et formations de management » (EFM) toutes les entités qui délivrent un diplôme supérieur de « commerce », « administration des entreprises », « gestion » ou « management ». Ces vocables n’étant que les appellations historiques successives de formations ayant la même vocation doivent être considérés comme synonymes. De la même façon, l’appellation « EFM » inclut ces formations quel que soit leur statut : universitaire, consulaire, associatif ou privé. Les entités universitaires méritent une précaution particulière. Alors qu’à travers le monde les universités qui offrent des formations au management ont une seule école dédiée à ce domaine, de nombreuses universités françaises ont plusieurs composantes délivrant des formations de gestion. L’unité d’analyse pertinente n’est donc pas l’université mais la composante : IAE, UFR, département. Ainsi définies, on compte 86 EFM dans 58 universités.Nous nommons ci-dessous « instances unifiées » celles qui regroupent l’ensemble des établissements d’un même secteur, quels que soient leurs statuts. Les « instances représentatives » sont celles qui se conforment à la loi d’airain de la légitimité, être constituées des directeurs d’écoles ou de formations, qui élisent leurs responsables parmi leurs pairs. Enfin, les « instances indépendantes » sont celles qui ont la personnalité morale, permettant à leurs dirigeants de s’exprimer au nom de leurs membres.Alors qu’elles partagent des intérêts multiples, les EFM sont faibles dans le jeu institutionnel et sociétal. Cette faiblesse vient d’un manque d’unité et d’un déficit de représentation, comme le montre la comparaison avec les écoles d’ingénieurs. La priorité est de créer une Conférence des directeurs d’écoles et formations de management (CDEFM)


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