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L'insoutenable rareté des catastrophes financières

D. THESMAR

Revue d'Economie Financière

2008, vol. 7, n°1, pp.141-145

Départements : Finance, GREGHEC (CNRS)


L’étude de l’histoire financière nous incite à la fois au fatalisme et à l’espérance. Le ressort des crises financières est toujours le même : un produit financier nouveau suscite un enthousiasme excessif de la part des investisseurs, et le système financier nourrit la bulle via l’effet de levier. Mais, comme les agents économiques apprennent de leurs erreurs, les produits sur lesquels ce mouvement spéculatif se porte changent d’une crise à l’autre : l’immobilier à la fin des années 1980, les sociétés de nouvelles technologies à la fin des années 1990 et, aujourd’hui, les dérivés de crédit. Le fataliste en déduira que l’innovation financière suit un processus de « croissance spéculative » qui démarre par la mise en oeuvre efficace de l’innovation, enchaîne sur le surinvestissement et se termine par une purge du système. L’optimiste en déduira que la crise fait partie de la croissance et du développement économique et qu’il faut faire avec. Le réaliste comprendra que la prochaine crise est inévitable. Le mieux que l’économiste puisse faire, à ce stade, est de s’assurer qu’elle soit également imprévisible, c’est-à-dire qu’elle ne provienne pas à nouveau des dérivés de crédit


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