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Les organisations et le travail artistiques sont-ils contrôlables ?

E. CHIAPELLO

Réseaux

novembre-décembre 1997, n°86, pp.77-113

Départements : Comptabilité et Contrôle de Gestion


La définition de l'art héritée de l'époque romantique suppose que l'art « véritable » doit être totalement libre et au service exclusif de lui-même. Toutes les formes de contraintes et de contrôle sont dès lors conçues comme destructrices. Pourtant, l'art est produit de nos jours de plus en plus en relation avec des organisations et dans un cadre collectif, contexte qui suscite forcément certaines formes de contrôle. L'auteur de cet article a donc d'une part cherché à comprendre quelles sont les formes de contrôle et les formes d'art qui sont au centre de l'accusation selon laquelle le contrôle pourrait tuer l'art, et d'autre part à identifier les formes de contrôle à l'oeuvre en ce qui concerne les productions les plus innovantes qui forment aussi « a priori » les terrains les plus hostiles à toute forme de contrainte. Quatre sources de contrôle sont mises au jour : l'auto-contrôle, le contrôle par l'idéologie romantique, le contrôle par le don et le contrôle par une structure adhocratique. Le paradoxe est que ces quatre sources de contrôle qui sont en rupture avec la gestion traditionnelle se trouvent aujourd'hui incorporée dans les réflexions du management le plus moderne, ce qui ne devrait pas manquer d'affecter la réticence historique des artistes à l'égard du management


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