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Avec le crowdlending, iroko project soutient le développement des PME d’Afrique de l’Ouest

23 sep 2016

Gilles Lecerf et Paul Knoery, deux jeunes diplômés de la Majeure Sustainability and Social Innovation proposent une solution innovante de financement participatif

Iroko-Project-crowdlending-HEC-Paris


5 questions à Gilles Lecerf, co-fondateur de la plateforme iroko project


Qui êtes-vous ?

Paul et moi sommes deux étudiants du programme Grande Ecole d’HEC, diplômés en 2016.

Lors de nos années de césure respectives, nous avons eu l’occasion de réaliser divers stages et projets personnels en Afrique subsaharienne, en Asie et au Moyen-Orient.

Nous partageons la même passion pour la géopolitique, le développement économique des pays émergents et les interactions entre ces enjeux.

Nous avons démarré iroko project lors de notre dernière année au sein de la Majeure Sustainability and Social Innovation (SASI).

En quoi consiste votre activité ?

iroko project est une plateforme de financement participatif en dette rémunérée (crowdlending) pour les PME d’Afrique de l’ouest.
Notre objectif est de permettre à des PME ouest-africaines de s’endetter directement auprès de particuliers, pour des crédits entre 10 000 et 150 000 euros.

Comment ce projet de crowdlending a-t-il vu le jour?

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En césure, j’ai créé Générations Arabes, une association dont le but est de soutenir les organisations qui favorisent l’emploi des jeunes au Moyen-Orient. Ce projet a notamment été l’occasion de découvrir la place capitale des PME dans la création d’emplois, notamment pour les jeunes. Or un tissu dense de PME fait malheureusement souvent défaut dans les pays du Moyen-Orient. C’est également le cas dans d’autres régions en développement, notamment en Afrique de l’ouest : cet enjeu transverse concerne en réalité un ensemble très hétérogène de pays.

Suite à cette année de césure, j’ai soumis un projet de soutien aux PME dans les pays en voie de développement au sein de la Majeure SASI (Sustainability and Social Innovation) et c’est alors qu’a débuté notre travail avec Paul.

Notre but était de trouver un moyen d’action efficace pour soutenir le développement des PME et ainsi favoriser la création d’emplois. L’angle du financement (et la fameuse thématique du « missing middle » ou chaînon manquant, au-dessus des montants de la microfinance et en-deçà des seuils bancaires) nous a rapidement semblé le plus approprié.

Nous avons alors décidé d’étudier la faisabilité d’une solution de financement participatif en dette rémunérée en Afrique de l’ouest. Cette zone offre en effet de nombreux avantages : relative stabilité politique, système juridique proche du nôtre, langue, monnaie rattachée à l’euro (le Franc CFA), intégration régionale (zone UEMOA et droit OHADA).

En avril-mai 2016, nous avons réalisé une étude de faisabilité au Sénégal et en Côte d’Ivoire afin d’élaborer un modèle opérationnel et de le présenter aux protagonistes locaux du financement des PME. Cette étude a également été l’occasion de nouer différents partenariats stratégiques avec des institutions de financement, des fonds de garantie, des agences d’accompagnement et des structures publiques.

Quelles sont les prochaines étapes pour Iroko project ?

Suite à cette étude, nous avons rejoint l’incubateur de Cofina, une banque panafricaine spécialisée dans le financement de PME et dirigée par d’anciens directeurs de banque dont Jean-Luc Konan, afin de déployer notre activité au Sénégal à partir d’octobre prochain.

Nous sommes actuellement en train de lever des fonds auprès d’investisseurs français et ouest-africains afin de mettre en place la phase pilote de notre projet et soutenir le développement de notre activité au Sénégal ainsi qu’en Côte d’Ivoire.

Quelle est votre vision du financement participatif, et quel rôle jouera-t-il dans les pays en voie de développement ?

Dans les pays en voie de développement, où les banques ont très peu de services dédiés aux PME, ce mécanisme participatif offre une opportunité inédite. La mise en place de produits alternatifs de financement pour les PME est également devenu une priorité majeure pour de nombreux gouvernements ouest-africains (notamment au Sénégal et en Côte d’Ivoire).

Ce système participatif fait également écho à des modes traditionnels de financement (comme la tontine), ce qui facilitera vraisemblablement son adoption par les populations. Enfin, à la différence d’un modèle en dons, ce mécanisme offre un produit d’épargne performant pour les particuliers, résidents locaux et membres des diasporas.

Pour assurer un développement pérenne du financement participatif, il nous semble néanmoins important de préserver au maximum le caractère direct du lien entre les PME et les prêteurs.

Pour garantir le bon fonctionnement de ce mode de financement, les particuliers doivent garder un contrôle sur le processus de décision et ne pas déléguer le choix des projets à un intermédiaire (la plateforme).
C’est cet engagement et cette prise de risque qui sont alors rémunérés. Dès lors, les stratégies de pooling qui tendent à proposer des portefeuilles de placement « clef en main » ou bien les services d’autobid qui permettent un réinvestissement immédiat des montants prêtés sur de nouveaux projets doivent être utilisés avec précaution et ne pas constituer la base du fonctionnement de la plateforme.


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