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Pierre Lescure, Président du Festival de Cannes et Jury du super cas de la MAC

14 mar 2017

Pierre Lescure, grand professionnel du monde des médias et du cinéma, membre fondateur de la chaine de télévision Canal Plus et actuel président du Festival de Cannes, a invité les étudiants du MS/MSc Médias Art et Création à travailler sur des préconisations stratégiques pour le Festival de Cannes.

Pierre-Lescure-Super-Cas-Master-Medias-Arts-Creation
Pierre-Lescure-Super-Cas-Master-Culture
Pierre-Lescure-Super-Cas-Master-HEC-Paris-Festival-De-Cannes

Il est venu assister à la présentation des conclusions de ce super cas et départager les meilleurs travaux d’étudiants.
Dans cette interview, il  témoigne de la grande qualité des élèves du programme MAC et de leur capacité à adresser des enjeux d'envergure internationale de l’industrie de la culture. Il revient enfin sur le choix vers lequel l’équipe du festival s’est porté cette année pour présider le jury.

Pourquoi avoir proposé un tel projet aux étudiants du Mastère ?

Thierry Frémaux, François Desrousseaux, Jérôme Paillard et moi-même avions eu connaissance d’un certain nombre d’études de cas pour lesquels avaient participé les étudiants d’HEC pour des secteurs totalement différents du nôtre. Leur méthodologie et leur manière d’aborder les problématiques nous avaient séduits. Nous avions aussi besoin de pouvoir bénéficier du regard de jeunes gens qui aiment le cinéma, le négoce et tout ce qui relève de la dynamique économique au service de l’artistique. Nous nous sommes donc tout naturellement tournés vers HEC.

Qu’avez-vous pensé du travail réalisé par les deux équipes finalistes du super cas ?

Les deux projets finalistes répondaient totalement à ce besoin de contributions extérieures, expertes, fraiches et responsables dont nous avions besoin. Le groupe qui est arrivé en deuxième position du super cas a très bien su structurer les contraintes et challenges économiques de consommation et de revenus du festival et proposer des solutions tangibles dont un certain nombre mérite d’être creusé.  On repart donc vraiment avec du grain à moudre !
Si nous avons privilégié l’autre groupe finaliste, c’est d’abord en raison de la grande qualité de leur présentation, à la fois séduisante et intelligente. Mais nous les avons déclarés vainqueurs pour la qualité des recommandations qu’ils ont préconisées- recommandations qui peuvent être mises en place dès aujourd’hui.   

En tant que professionnel de l’industrie du film et des médias, comment percevez-vous une formation telle que celle proposée par HEC Paris ?

Vous savez, on m’a chargé en 2012 d’un rapport sur l’évolution de l’industrie de la culture à l’heure de l’ère du numérique. Ce rapport a capté l’intérêt des professionnels, qui se sont longuement penchés sur le sujet. Aujourd’hui si nous regardons par exemple l’industrie de la musique, nous approchons d’un modèle économique équilibré. Mais il aura fallu pour cela que travaillent ensemble tous les acteurs de l’industrie : compositeurs, interprètes, producteurs, spécialistes du piratage, spécialistes du streaming... Et grâce à cette association de l’ensemble des acteurs, nous avons maintenant un modèle équilibré entre droits matériels et immatériels, spectacle vivant, streaming et supports physiques (le cd, voire même le vinyle).

Pour atteindre cet équilibre, il aura fallu l’addition de trois qualités qui sont celles du goût pour la musique, de la créativité managériale et de l’expertise économique.  C’est cet ensemble de savoirs que vos étudiants possèdent et qui fait de votre programme une formation totalement adaptée aux besoins des industries culturelles.

On peut également appliquer ce principe au cinéma, même s’il n’a pas encore connu la même révolution. Il doit aussi faire face à la dématérialisation des contenus, et doit repenser ses modèles de financement qui ne pourront pas répondre demain aux seules obligations françaises d’aujourd’hui.

Pourquoi avez-vous choisi Pedro Almodovar cette année pour présider le Jury ?

Nous sommes le plus grand festival au monde, nous nous devions donc de choisir un président étranger. Le festival a souvent connu des présidents de jury américains, mais nous ne souhaitions pas cette année que le public interprète le profil d’un président de jury américain au regard de l’actualité que nous connaissons. Nous aimons que ce président soit à la fois européen et hispanophone. L’hispanophonie est à la fois historique, ancestrale et émergente. Et Pedro Almodovar a su parler avec le même bonheur des femmes - toutes les femmes, des hommes - tous les hommes, et c’est quelque chose qui nous plait !

Découvrez l'interview de l'équipe gagnante du programme