Les Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles

Si vous êtes en terminale et réfléchissez à votre orientation post-Bac, il est important pour vous de bien comprendre ce qu’est une Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles.

Que sont les classes prépas ?

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) s’effectuent le plus souvent pendant les 2 années qui suivent l’obtention du baccalauréat. Dispensées dans les lycées, elles préparent aux concours d’entrée aux grandes écoles, mais peuvent aussi offrir des passerelles vers l’université. 

Les classes sont constituées de 36 élèves en moyenne. Ces derniers suivent environ 30 heures de cours par semaine, auxquels s’ajoutent des devoirs surveillés réguliers, des concours blancs et des séances de « colles » ou « Khôlles » (interrogations orales dans les matières les plus importantes). L’enseignement, théorique et généraliste, exige également des élèves une charge importante de travail personnel, mais, suivant les filières, des parties plus concrètes et applicatives sont présentes.

Il existe trois grandes filières :

  • Les classes préparatoires scientifiques : en vue d’intégrer les écoles d’ingénieurs ou militaires ou encore les Ecoles normales supérieures. 
  • Les classes préparatoires économiques et commerciales : pour intégrer les écoles de commerce, Saint-Cyr ou l’ENS Cachan. Il existe trois filières : 
    • Filière ECS destinée aux bacheliers généraux S
    • Filière ECE destinée aux bacheliers généraux ES 
    • Filière ECT destinée aux bacheliers technologiques tertiaires STMG. 
  • Les classes préparatoires littéraires : pour intégrer une Ecole normale supérieure, les écoles de commerce, les Instituts d’études politiques ou bien l’université. 

A qui s’adressent les classes préparatoires ?

Motivation et potentiel sont essentiels

Indépendamment du lycée d’origine, un bon niveau et des bases solides sont nécessaires pour réussir en classe préparatoire, mais le potentiel est une dimension importante.

Il faut surtout :

  • des appréciations encourageantes sur les bulletins scolaires, telles que « élève sérieux et motivé », « bon travail », « attitude constructive », « peut progresser » ;
  • de bonnes notes et pas de faiblesse dans les matières concernées par la classe prépa visée ;
  • une présence assidue aux cours.

Le potentiel de l’élève est un facteur important dans l’évaluation de sa capacité à réussir en classe préparatoire. 30 % des inscrits en 1re année de CPGE sont des bacheliers n’ayant obtenu qu’une mention « assez bien » ou « passable ». La capacité à utiliser ses ressources au maximum est essentielle pour suivre le chemin de la classe prépa.

L’accès aux classes préparatoires

Les classes préparatoires sont publiques et gratuites dans la grande majorité des cas. Tous les étudiants peuvent y postuler via le portail Admission post-bac (APB).

Le recrutement en CPGE suit une procédure nationale, définie et organisée par le ministère de l’Education nationale, et reposant sur les résultats de première et de terminale des candidats. Cette procédure assure une équité parfaite dans la sélection des élèves. Mais il faut oser être candidat !

Par ailleurs, les CPGE publiques présentent un taux de boursiers CROUS de 29,6 %. Aux concours 2014 des écoles d’ingénieurs, 30,6 % des inscrits sont des boursiers CROUS. Les grandes écoles et les CPGE sont parfaitement conscientes du rôle fondamental qu’elles doivent jouer pour faciliter l’accès des catégories socioprofessionnelles les plus modestes aux formations les plus prestigieuses.

Quelle sont les spécificités des classes préparatoires ?

Si les classes préparatoires s’inscrivent dans la continuité du secondaire en termes de pédagogie, d’effectifs et d’encadrement, elles préparent leurs étudiants à travailler en groupe, à s’exprimer à l’oral, à s’organiser (notamment à gérer leur temps de travail) : des qualités hautement appréciées dans une vie professionnelle.

Exigence, performance et esprit d’équipe

La performance au concours d’entrée est essentielle pour les écoles les plus réputées, telles que HEC Paris. Cependant, pour plus de 90 % des écoles, les concours sont davantage un système d’affectation dans lequel une réussite est quasi certaine.
En classe préparatoire, les occasions de travailler en équipe sont nombreuses et contribuent à développer l’esprit d’équipe, à créer du lien social et à nouer des amitiés fortes. Beaucoup d’élèves ont compris qu’ils seront plus performants dans l’entraide que dans la concurrence. La vie en internat renforce aussi fortement les liens entre les élèves.

Un encadrement de grande qualité

Les cours représentent en moyenne 30 heures par semaine, auxquelles doivent s’ajouter environ 20 à 30 heures de travail personnel (soit 2 à 3 heures chaque soir et quelques heures le week-end). Au-delà des connaissances, la formation transmet des capacités de travail, de réflexion, d’organisation, d’autonomie, d’efficacité, de rigueur, de recherche scientifique et de mise en œuvre des savoirs théoriques. Les méthodes de travail des classes préparatoires sont l’une des raisons de leur succès. Plus qu’une préparation aux concours, les classes préparatoires s’engagent à former les futurs cadres dirigeants et chefs d’entreprises.

L’évaluation tient une place importante dans la vie d’un étudiant de prépas. Les nombreuses interrogations orales et écrites sont l’une des clés du succès des classes préparatoires. Dès la rentrée, l’étudiant est évalué quotidiennement (devoirs en classe ou à la maison, interrogations orales...). Cette notation régulière permet à l’élève d’identifier ses points faibles et ses progrès et de bien répartir son travail dans la durée. A la différence d’autres formations, dont les partiels semestriels sont les seuls examens notés, les classes prépa encouragent les élèves à travailler en continu et à ne pas se laisser déborder.

Apprendre à penser par soi-même

L’intelligence et l’esprit critique sont recherchés dans les épreuves de concours aux grandes écoles. La réflexion est donc cultivée pendant les deux années de classe préparatoire. Pour résoudre un exercice qui sera toujours nouveau, il faut d’abord le comprendre, le contextualiser, imaginer une solution possible, etc.

La réussite des étudiants dépend de ce qu’ils ont assimilé en termes de réflexion et des méthodes de travail et de synthèse, en complément des connaissances apprises. Les connaissances sont essentielles mais leur mise en œuvre est le cœur de la créativité et de l’innovation. Une seule solution pour réussir : avoir compris !

De très nombreux débouchés

Les élèves travaillent dur mais ils savent que leur travail portera ses fruits. Peu de formations ont un tel taux de réussite. Il faut garder en mémoire qu’obtenir un master n’est pas chose aisée : dans quelque filière que ce soit, il faut travailler sérieusement.

Il y a de nombreuses places en écoles à l’issue des classes préparatoires. Chaque année, près de deux mille places en écoles restent non pourvues. Les étudiants issus de classes préparatoires trouvent quasi-systématiquement une place dans les écoles de management comme dans les écoles d’ingénieurs, après deux ou trois années de classe préparatoire. Chacun, s’il travaille sérieusement, est donc assuré d’intégrer une école (à condition de ne pas se présenter uniquement aux concours des plus prestigieuses et d’être conscient de ses propres possibilités). Des équivalences (validation de crédits ECTS) existent également pour permettre de poursuivre ses études dans d’autres établissements et notamment à l’université (avec les plus grandes chances de réussite) en cas d’échec en CPGE ou par choix.

Un apprentissage pour la vie

Au-delà des connaissances, la formation en classe préparatoire transmet des capacités de travail, de réflexion, d’organisation, d’autonomie, d’efficacité, de rigueur et de mise en œuvre des savoirs théoriques.

A la manière de l’entraînement d’un sportif de haut niveau, ce travail important permet aux élèves de développer efficacité et organisation et d’acquérir des méthodes et des compétences utiles tout au long de leur vie. Ayant appris à apprendre, un ancien étudiant de classe préparatoire saura rebondir en cas de difficulté professionnelle et pourra saisir plus aisément les opportunités au long de sa carrière.