Interview Thibaud Fournalès

Thibaud, présentez-nous votre parcours…

Je suis entré à HEC Paris en 2010 à l’issue d’une classe préparatoire littéraire pour suivre le programme Grande Ecole. J’ai rapidement identifié la majeure Prep’ENA comme une filière qui m’intéressait, mais ce sont les stages que j’ai effectués au cours de mes deux années de césure, notamment dans le domaine de la culture et du patrimoine qui m’ont permis d’affirmer mon intérêt pour le service public et ma conviction quant à l’importance du rôle de l’Etat. Le contexte actuel traversé par le pays a, depuis, renforcé mon sentiment en ce sens et ma volonté de m’engager au service de l’Etat. J’ai donc choisi cette spécialisation, à l’issue de laquelle j’ai passé le concours de l’ENA et intégré la Promotion 2016-2017.

Quels atouts présentent les étudiants HEC pour réussir à intégrer l’ENA ?

Tout d’abord, le fait d’avoir suivi une classe préparatoire avant l’entrée à HEC peut fortement faciliter le suivi de la majeure Prép’ENA en termes de capacité de travail et de structuration de la pensée. Ensuite, le parcours à HEC permet de développer des compétences pratiques, pragmatiques, et une certaine aisance dans la présentation orale, dans la capacité de mettre en avant ses qualités. Savoir pitcher en 60 secondes, ce n’est pas inné ! Or cette capacité à savoir décider, à savoir agir, qui est l’essence même de l’esprit entrepreneurial, est également ce que recherche l’ENA, qui forme au management public. Enfin, la dimension « terrain » de l’expérience à HEC, son aspect très opérationnel, confère une réelle ouverture et une diversité de capacités très prisées dans la haute fonction publique. Lors de mon Grand O à l’ENA, j’ai notamment mis en avant mon implication en tant que président d’une association sur le campus, ainsi que l’expérience professionnelle acquise grâce aux stages effectués en entreprise et à l’étranger.

Le tutorat mis en place par HEC vous a-t-il aidé ?

Le tutorat proposé par HEC est un atout considérable, non seulement par les sessions d’entraînement aux épreuves écrites et orales, mais surtout par l’accompagnement tout au long de la préparation par un ancien d’HEC et de l’ENA, qui a donc été lui-même confronté à ces difficultés quelques années auparavant. J’ai eu la chance d’avoir pour tuteur Amaury Decludt (H2012, Promotion « Jean de la Fontaine »), Inspecteur Général des Finances, qui s’est montré très disponible et m’a apporté une aide extrêmement précieuse.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants d’HEC intéressés par l’ENA ?

Le premier conseil que je donnerais aux étudiants d’HEC intéressés par l’ENA serait d’oser se poser les bonnes questions avant de se lancer. La préparation du concours de l’ENA à HEC n’est pas une majeure « comme les autres » : au-delà d’une année de préparation difficile, l’ENA ouvre à une carrière dans la haute fonction publique, au service de l’Etat et des citoyens, ce qui doit impliquer un réel engagement personnel et une conviction forte. Une fois sûr de son choix, il est important de croire en ses chances, mais surtout de savoir s’accorder du temps libre au cours de cette longue année de préparation. Il peut être difficile de trouver son propre rythme lorsqu’on est entouré de bourreaux de travail, face auxquels on aura immanquablement tendance à culpabiliser, mais savoir s’aérer l’esprit lorsqu’il le faut est toujours salutaire !