Éloïc Peyrache

Éloïc Peyrache, Directeur délégué de l'École HEC

Directeur délégué de l'École HEC

Dès la première année, l'objectif est de construire l'avenir professionnel des étudiants. HEC met tout en œuvre afin de faciliter la rencontre avec l’entreprise, sur son terrain. Des mises en situation faisant appel au sens du leadership et aux capacités de décisions sont organisées. Au cœur du dispositif : l’intensification des allers-retours entre la théorie et la pratique. Un rapport qu’Éloïc Peyrache, Directeur de la Grande École, résume ainsi :

Nous sommes convaincus que la pratique doit avoir lieu sur des terrains de toutes natures.

Quels points communs identifiez-vous entre la classe préparatoire et la première année à HEC ?

Éloïc Peyrache : « Rappelons d’abord que la principale différence réside dans le rythme et la teneur des apprentissages, à la fois concentrés sur les sciences de gestion et extrêmement ouverts aux autres champs disciplinaires grâce aux partenariats que l’École a noués avec un grand nombre d’institutions. Mais l’expérience HEC est aussi profondément différente de celle de la classe préparatoire, parce qu’elle impose de faire des choix d’engagement qui viendront tous impacter le futur professionnel et personnel des étudiants.

Voilà comment, dès la 1ère année, en parallèle des cours dispensés sur le campus, chaque étudiant peut opter pour la filière « Université en France », pour poursuivre à Orsay, la Sorbonne ou Ulm l’étude approfondie d’une matière complémentaire au management.


L’on voit bien en effet que ce terrain, pratiqué avec le même enthousiasme qu’en classe préparatoire, n’en présente pas les mêmes aspérités…

É.P. : Les expériences très fortes que vivent nos étudiants résonnent en eux de plusieurs manières et pour longtemps. Obtenir une licence en mathématiques ou en histoire de l’art, s’expatrier aux États-Unis, en Asie ou se lancer dans l’entrepreneuriat social à 20 ans a une portée qui ne se mesure pas à l’aune des résultats d’un concours, si difficile soit-il. HEC fait bouger le curseur d’intensité. Il ne se déplace plus seulement sur le terrain académique, mais il investit tous les terrains pratiqués par nos étudiants. Et tous contribuent à définir le professionnel que chacun va devenir.


C’est aussi à cela que servent les Académies ?

É.P. : Elles y participent en effet. Après une première édition très réussie, HEC mobilise l’ensemble des étudiants de 1re et de 2e année durant trois semaines en janvier pour une nouvelle session des Acadé­mies. Elles sont au nombre de vingt-six, avec un mot fort : faire vivre des expériences fortes sur un large spectre de terrains de jeu. Dans tous les cas, il s’agit de travailler en équipe, d’observer, d’analyser des situations avant d’être capable d’agir ou de réagir efficacement dans des états de tension ou d’urgence. Avec les Académies, l’étudiant est sur le terrain de la décision, au cœur des enjeux organisationnels. Son sens du leadership est particulièrement sollicité.


Vous évoquez des "situations d'urgence", quelles sont-elles ?

É.P. : Académie Sapeur Pompier HEC « Je pense en particulier aux Académies « Sapeur-pompier de France »  ou « SAMU ». Proposée en partenariat avec les Pompiers de Paris, la première place les étudiants dans un environnement contraint afin d’évaluer leur aptitude au commandement et leur capacité de gérer des situations de risque. La seconde leur permet de suivre l’activité des services d’urgence médicale (Urgences, réa, SMUR…) en accompagnant les médecins dans leur garde et dans la gestion des patients. Voici deux exemples parmi d’autres. ».


Et si les étudiants veulent réaliser un autre type de rêve ?

É.P. : Il leur sera par exemple possible de suivre une formation à l’aéronautique, supervisée par Supaéro à Toulouse ; de passer trois semaines dans la peau d’un journaliste au sein de la rédaction du Monde ; de réaliser un premier court-métrage avec l’aide du réseau des anciens HEC dans le domaine de la production ainsi que l’aide technique des étudiants de l’école Louis Lumière ;  de rédiger une première nouvelle sous la supervision d’un auteur réputé ou de travailler à créer leur propre entreprise sous les conseils des personnes du Centre de l’entrepreneuriat et de HEC Entrepreneurs.


Quelles sont les Académies qui placent les étudiants en lien direct avec l’entreprise ?

É.P. : Au sein de l’Académie « Agence digitale », ils conçoivent une opération de communication en ligne pour le compte d’une entreprise ; en participant à l’Académie « e-commerce », ils travaillent main dans la main avec des élèves développeurs avec lesquels ils élaborent un site Internet ; l’Académie « Junior-Conseil », soutenue par KPMG, fonctionne comme un véritable cabinet de conseil.   Les étudiants qui restent hésitants quant à leurs choix d’orientation peuvent opter pour une Académie dédiée qui les accompagne dans la définition de leur projet.


Les Académies sont-elles un moyen efficace de « pratiquer » l’entreprise ?

É.P. : L’une des principales missions d’HEC consiste à contribuer à l’épanouissement personnel et professionnel des étudiants. Cela se joue notamment via l’aller-retour entre la théorie et la pratique. Mais il ne s’agit plus seulement de les faire plancher sur des études de cas, de les envoyer en stage pendant plusieurs mois ou d’encourager un investissement associatif… Cela est une évidence pour toutes les business schools. À HEC, nous sommes convaincus que la pratique doit avoir lieu sur des terrains de toutes natures pour renforcer l’intensité des expériences, mobiliser les capacités de leadership et participer à la découverte de passions chez nos étudiants ! Voilà pourquoi nous avons instauré, dans le déroulement de la pédagogie, des moments où ces derniers sont sur le terrain.


Considérez-vous l’international comme un autre terrain à explorer ?

É.P. : Cela est bien évidemment le cas et nous observons plusieurs façons d’aborder cette exploration. Sur le campus d’abord, via les 700 étudiants étrangers présents chaque année. Dans l’entreprise ensuite, lorsqu’un étudiant effectue des stages hors de nos frontières, mais également lors d’échanges académiques. Ces derniers prennent une forme nouvelle à HEC. Après avoir noué de nombreux partenariats sur le terrain du management avec d’excellentes business schools dans le monde, nous avons décidé d’élargir le champ des partenariats en nous rapprochant d’institutions spécialisées dans des domaines d’intérêt pour HEC et ses étudiants (les sciences cognitives avec l’ENS de la rue d’Ulm, l’archéologie à Paris-IV, le droit à l’Université de Versailles-Saint-Quentin, les sciences de l’ingénieur avec les écoles de ParisTech, dont HEC est membre, en sont quelques exemples). Voir liste complète des partenariats français et internationaux.

Nous tenons désormais à nouer ce même type de partenariats complémentaires avec des institutions à l’international. Ces parcours, associant le management au droit, aux sciences sociales ou aux humanités doivent être ouverts à l’international. Ainsi, nos étudiants vont pouvoir partir au sein de l’Université Technique de Munich (voir détails de l'accord ici), référence outre-Rhin en sciences dures, ou bien étudier à la Freie Universität de Berlin, le « Sciences Po allemand » !  D’autres parcours de ce type seront accessibles au sein des meilleures institutions du monde entier…»