Stanislas Niox-Château

Stanislas Niox-Château

HEC Entrepreneurs 2010

Co-Fondateur Doctolib

Stanislas Niox-Chateau, HEC Entrepreneurs 2010 est le Fondateur de Doctolib, le software de gestion des rendez-vous médicaux, lancé en 2013 et aujourd’hui leader en France. Doctolib vient d’annoncer une nouvelle levée de 26 millions d'euros notamment auprès d'Accel Partners et Bpifrance pour poursuivre son développement en Allemagne.

Quelles ont été les apports de la majeure entrepreneurs à votre parcours d’entrepreneur ?

La majeure Entrepreneurs a été clé pour moi, parce que la première mission de l’année, la mission Création, a donné naissance à la plateforme de réservation de beauté et bien-être Balinéa : j’y ai rencontré Antoine Freysz et Pierre-Edouard Stérin avec qui j’ai ensuite créé Otium Capital.  
Ensuite, j’ai lancé Doctolib avec l’expérience chez Otium de Balinéa et de LaFourchette et l’envie d’être sur un gros projet, travailler sur une boite qui peut changer toute une industrie.  
Au niveau de la formation, le fait que ce ne soit que des missions opérationnelles et réelles est ce qu’il y a de plus formateur. J’aurais échangé la majeure pour rien au monde.  

Vous avez cofondé Doctolib et recruté vos cofondateurs, aujourd’hui vous êtes plus de 300 dans l’entreprise. Quels sont les plus gros challenges à diriger une équipe dans laquelle il devient difficile de connaître tout le monde personnellement ?

Même à 300, je connais encore tout le monde, moins bien qu’au début bien sûr. Mais une startup, c’est comme une équipe de sport. Il y a des postes pour tout le monde : des capitaines, des avant, des défenseurs, des latéraux, la question c’est comment faire pour faire jouer ensemble cette équipe.  

Quels sont pour vous les liens entre l’entrepreneuriat et le sport, du point de vue de la mentalité de l’entrepreneur ?

J’ai été sportif de haut niveau, en tennis. Il y a des liens extrêmement forts entre l’entrepreneuriat et le sport. D’abord dans le travail même, on se fixe des objectifs et on travaille dur pour les atteindre, comme les sportifs. Ensuite dans la façon de se remettre sans cesse en question pour s’améliorer. Et enfin parce que c’est un marathon, créer une boîte ça demande de l’endurance et du courage.

Vous parlez de remise en question, mais en voyant le parcours de Doctolib, ce n'est pas ce qui frappe : avec une telle croissance on dirait juste que la vision est hyper claire, que l’ambition est fixée et partagée et que tout suit derrière. Où est la place pour la remise en question là-dedans ?  

Non, la remise en question est là tout le temps. Elle est indispensable. En réalité pour moi, le plus utile ce ne sont pas les étapes de mon parcours : HEC, le tennis, Otium, LaFourchette... Le plus utile c’est mon bégaiement. Je bégaye depuis tout petit, et il y a 15 ans je ne pouvais pas aller chercher une baguette à la boulangerie. Aujourd'hui je parle à des clients, je parle en public etc. Ce bégaiement m'aide à me remettre en question tous les jours.  

Les entreprises qui réussissent le mieux à motiver et à engager leurs employés sont celles qui ont le plus de succès. Comment faites-vous pour que les équipes de Doctolib soient aussi engagées pour la boîte ?  

On investit à fond sur la formation et l’organisation.
D’abord, il faut bien se concentrer sur le recrutement, en particulier les premiers recrutements. Doctolib, c’est une dream-team avec une même ambition et les mêmes valeurs. Nos valeurs reposent sur le SPAAH : Service, Passion, Ambition, Attaque, Humilité. Tout est structuré autour de ça. Recrutement, formation, organisation, tout.  
Ensuite, nous avons des process d’onboarding, de formation et d’organisation sur lesquels on insiste beaucoup : la Doctolib academy pour l’onboarding, la Doctolib manager academy en formation, des Doctolib sales meeting, un headquarters day chaque premier jeudi du mois, des sites internet dédiés au partage d’expérience sur la vente (la Sales Bible) et sur les opérations (Operations Bible), etc.  
Et finalement, on a une ambition partagée : ce n'est pas parce qu'on est en France qu'on ne peut pas être ambitieux et faire des grandes choses.