Jean-Christophe Levassor

Jean-Christophe Levassor

Majeure MAC 2004

Directeur de la Condition Publique à Roubaix

Pouvez-vous présenter votre parcours à la sortie de la Majeure MAC ?

Diplômé en 2004, j’ai travaillé durant deux ans au Théâtre National de Chaillot en tant que chargé de production puis comme adjoint de l’administrateur. Cela m’a permis d’avoir des expériences complémentaires dans le secteur du spectacle vivant puis de devenir administrateur du Centre Dramatique National de Nancy à 25 ans. Ce fut une très belle opportunité ; j’ai découvert les enjeux plus riches du secteur public culturel en région ainsi que les problématiques avec les différents échelons locaux. Très attiré par les politiques publiques culturelles, je suis entré au Ministère de la Culture et de la communication en 2008 pour être chef du bureau du secteur audiovisuel public pendant deux ans.Après cette expérience, j’ai souhaité retrouver un périmètre d’action plus local,  où les enjeux sont plus complexes et diversifiés. Je suis alors devenu directeur de la culture de la métropole européenne de Lille pendant 5 ans. En 2016, j’ai pris la direction de la Condition Publique à Roubaix, dans le champ de la métropole européenne de Lille. Cet établissement public culturel a ouvert en 2004 après la réhabilitation d’une friche industrielle magnifique, ancré dans un quartier très populaire de la « ville la plus pauvre de France ». Nous avons comme projet d’en faire un laboratoire créatif où l’on croiserait l’action culturelle et artistique avec les enjeux de développement économique, urbain et social. Nous proposons à la fois des événements culturels pluridisciplinaires d’envergure (expositions, concerts, spectacles, festival vintage), une pépinière d’entreprises culturelles, créatives et de l’innovation sociale, et des services aux habitants afin de nous ancrer dans le quotidien du Pile (marché de produits locaux, ateliers numériques et créatifs, actions participatives). Notre objectif est de construire un écosystème créatif vertueux, favorisant le développement local et œuvrant pour le rayonnement du quartier, de Roubaix et de la métropole lilloise.

Que vous a apporté la Majeure MAC ?

Elle a confirmé mon intérêt pour le secteur culturel et m’a apporté des compétences en management essentielles pour les différentes fonctions que j’ai exercées. Le principal atout de la Majeure MAC est de former des étudiants généralistes, ouverts à plusieurs disciplines. C’est essentiel car dans notre vie professionnelle, on doit rester ouvert à une variété de postes et d’opportunités. Aujourd'hui, le service public culturel fait face à de nombreux défis (qualité de la gestion, transdisciplinarité, innovation…). Cette ouverture est essentielle.

Faites-vous aujourd'hui ce que vous vouliez faire ?

Pendant la Majeure MAC, je me projetais sur des postes en production pure. Je me suis finalement lassé assez rapidement de ces activités et me suis passionné pour les enjeux des politiques publiques et de mise en place de modèles hybrides autour des problématiques culturelles locales.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants MAC actuels ?

Prosaïquement, je leur conseille de mettre à profit leur mémoire de fin d‘étude pour rencontrer le plus de professionnels possibles de leur secteur. J’avais orienté mon sujet vers la production dans le spectacle vivant et j’ai pu échanger à cette occasion avec un grand nombre de producteurs ou d’équipes de production et cela a facilité par la suite ma recherche d’emploi.Je conseille également aux étudiants de rester curieux et ouverts aux différentes opportunités. On se fait souvent une idée du métier que l’on veut exercer, mais on évolue beaucoup pendant son parcours et on se surprend souvent.Enfin, à ceux qui sont attirés par le secteur public culturel, je dirais ne pas hésiter à s’éloigner de Paris. Les postes proposés en province sont passionnants et permettent souvent une progression de carrière rapide.

Un mot pour qualifier vos souvenirs de la Majeure MAC ?

Le collectif. J’avais particulièrement apprécié le fait de conserver le même groupe de travail pour l’ensemble des projets, c’est très formateur pour l’avenir.