Pierre Quenehen

Pierre Quenehen

Majeure MAC 2002

Administrateur adjoint du Théâtre national de Chaillot

Pouvez-vous présenter votre parcours à la sortie de la Majeure MAC ?

Après une année de césure à l’institut français d’Athènes, un stage au mécénat de solidarité de la Caisse des Dépôts et à l’Institut français à Paris, j’ai terminé mes études à HEC en 2002 par la majeure MAC. J’étais animé à la fois par l’envie de travailler dans la culture et de faire bouger les lignes. Passionné de musique et de théâtre, j’ai créé avec des amis lyonnais un groupe de musique jazz, un festival d’été en Isère, Mens alors !, ainsi qu’un collectif, Les vibrants défricheurs. Le festival a été un véritable succès dans la région pendant huit ans et m’a offert une solide expérience du terrain. Puis, j’ai senti que je n’arrivais plus à (me) réinventer, ce qui m’a décidé à passer la main. En parallèle de cette expérience prenante et bénévole, j’ai été administrateur d’un espace de création, puis assistant d’un chargé de mission pour une étude commandée par le Ministère de la Culture sur les enseignements artistiques en Haute Normandie. Après quoi je me suis intéressé de plus près aux pratiques amateurs et j’ai passé quatre ans à « Cités-Musiques », où j’ai appréhendé les problématiques de création à l’école et notamment dans les milieux moins favorisés. J’ai été responsable de la programmation musique et danse de la Maison Populaire de Montreuil puis responsable administratif et financier de L’Apostrophe scène nationale de Cergy-Pontoise. Je suis, depuis 2012, administrateur adjoint du Théâtre National de Chaillot, en charge notamment des ressources humaines et des marchés publics. Je travaille également sur des projets artistiques plus personnels. J’ai intégré la classe du Cours Florent, réalisé un court-métrage et travaille actuellement sur une adaptation audiovisuelle du texte coordonné par Bourdieu, La Misère du monde. Au cours de mon parcours, j’ai toujours fait le choix d’expériences associatives fortes, ancrées dans la réalité et porteuses de sens.

Que vous a apporté le programme ?

Grâce à ce programme, je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul à vouloir évoluer dans le domaine de la culture à HEC, chose agréable dans une école de commerce. Cela m’a conforté dans mon envie et aidée à convertir mon expérience artistique au sein des politiques et maisons institutionnelles.

Quel conseil donneriez-vous à des étudiants MAC ?

Je leur dirais de prendre des risques. La destruction créatrice est nécessaire pour ne pas reproduire des schémas et apporter du changement. C’est parfois le problème dans la culture : la rupture, le changement peuvent faire peur alors qu’ils sont la matière même de l’artiste et de l’émerveillement du spectateur. Et en même temps, il faut apprendre à connaître la famille culturelle, et respecter son héritage très riche.

Un souvenir de votre passage dans la Majeure MAC ?

Je me souviens de l’organisation d’un concert où on avait fait venir un groupe de reggae de Massy-Palaiseau sur le campus d’HEC. Ce fut pour nous un franc succès même si la techno mobilisait plus évidemment ! On avait réussi à faire gagner la culture à HEC Paris, à apporter de la nouveauté et de la diversité sur le campus.