Les aventures de Cyril et Aymeric au Népal
Cyril et Aymeric, étudiants en année de césure, sont partis à l’ascension du Cho Oyu et ses 8200 mètres dans l’Himalaya début avril. En parallèle, ils ont développé un astucieux programme de micro-épargne avec des villageois népalais. Explications.

Il l'a fait : Cyril au sommet de la montagne avec un sherpa
Le Cho Oyu, c’est 8 200 mètres d’altitude, la sixième montagne la plus haute du monde. Près d’un mois de grimpe prévu. C’est éreintant et dangereux. Mais cela ne décourage pas nos deux compères : « Ca va être un mois sous la tente à – 30°, ballotée par des vents violents, dans la neige fondue, oxygène rare... Bref, la nature fait tout pour décourager les êtres humains, mais c’est aussi l’intérêt de la chose », explique Cyril. Pour être prêt, pas de secret, il faut s’entraîner. Direction Chamonix dès la mi-janvier et les Alpes pour s’entraîner à la dure. « On va travailler l’endurance et améliorer notre capacité pulmonaire, » indique Aymeric, en précisant : « On va faire beaucoup de ski de randonnée, un peu d’ascension et aussi du campement au sommet du Mont-Blanc. » Les deux amis ont déjà une riche expérience de la montagne et des hauts sommets malgré leur jeune âge : le Chulu West (6419m), Népal, et le Pisco (5800m), Pérou, pour Cyril, le trek du tour des Annapurnas (5419m), Népal et le Mont-Blanc (4808m) pour Aymeric. Entraînement probant puisque Cyril est finalement arrivé au sommet du géant Népalais le 13 mai et il s'en est fallu de très peu pour qu'Aymeric ne le suive. Récit de leur ascension dans le fil d'actualités ci-dessous.
Et la micro-épargne dans tout ça ? L'objectif est en fait de récolter des fonds pour Solidarité France-Népal (SFN) afin de développer des projets de micro-épargne après l'expédition. Soit un euro pour chaque mètre gravi au dessus du camp de base, soit 2600 euros si les 2 étudiants arrivent au sommet. Le projet, initié par Cyril et Aymeric, a déjà bien avancé depuis sa création en 2008. Principe du micro épargne : des villageois népalais donnent chaque mois 2 euros lors d’une collecte organisée par SFN. Laquelle double la somme par famille pour financer des projets comme la création récente d’un élevage porcin ou d’une entreprise de couture via l’achat de machines à coudre. Les résultats ont été probants. L’élevage, par exemple, s’est développé rapidement, permettant la vente d’animaux et donc de nouveaux revenus conséquents pour les villageois.
Pour faire un don, cliquez ici (Logo « Faire un don » en bas de page à gauche). Cyril et Aymeric ont besoin d’aide financière, notamment de sponsors, avant leur départ au Népal. Contacts et explications sur leur site. Suivez les aussi sur leur groupe Facebook.
Découvrez aussi le nouveau projet des deux compères : le trekking via des villages traditionnels népalais.
Récit de l'ascension (fil régulièrement actualisé)
Cyril est finalement parvenu au sommet le 13 mai ! Bravo à lui et à Aymeric son ami qui a dû s'arrêter juste un peu avant.
Voici le fil des news reçues depuis le début de l'ascension grâce à leurs amis Marc Housieaux et Alice Lattes, qui ont recueilli leurs témoignages via téléphone satellite. A voir aussi le site des deux grimpeurs avec de nombreuses photos.
Vendredi 13 mai :
"C'est avec une grande joie et un grand plaisir que je vous écris à tous pour vous partager la bonne nouvelle ! Cyril, le sherpa et un des deux Polonais ont atteint le sommet, les 8201mètres, le 6e plus haut sommet du monde !! La "Déesse Turquoise" n'a pas pu résisté aux charmes de Cyril et à sa force légendaire. "Que du bonheur". En tout cas, sacrée performance de Cyril qui à l'heure qu'il est, vient d'arriver au camp 2 où il se repose. Il a vraiment été impressionnant pendant cette ascension !
Ils sont montés à 8000m sans trop de problèmes, mais c'est le faut plat montant des 200 derniers mètres de dénivelé qui a fait très mal. Le temps était magnifique avec grand soleil et très peu de vent. Ils ont eu beaucoup de chances d'après Cyril et c'était probablement la dernière fenêtre d'ascension de l'année ! Demain, il retourne au camp de base où il retrouvera Aymeric et d'où ils me rapelleront peut-être. Les photos devraient arriver vers le 17 mai une fois qu'ils sont rentrés à Katmandou. Cyril vous fera aussi un récit plus détaillé de son ascension comme Aymeric l'avait fait la semaine dernière. Voilà, je quitte avec soulagement mon poste de contact avec l'Himalaya, heureux de voir que tous s'est bien passé pour nos deux compères. C'était un vrai plaisir et j'espère bien qu'un livre sortira de toute cette histoire (!).
Il n'y a donc plus qu'à rentrer avec prudence jusqu'à Katmandou. Ils pourront ensuite se donner tout autant dans la mission humanitaire; une manière de rendre au Népal tout ce qu'il a pu leur apporter ces dernières semaines. Avec les 8201m gravis, soit 2600m au dessus du camp de base, c'est 2600 euros qui vont pouvoir être investis dans les projets de micro crédits!
Encore bravo à eux deux et merci à tous de leur avoir donné les moyens (financiers, matériels et humains) de s'y rendre. On a finalement été une bonne petite équipe de soutien et je suis sur que cela les a poussés vers les sommets.
Peut-être à demain pour un dernier point d'étape."
Marc
Jeudi 12 mai :
A l'heure qu'il est, Cyril commence peut-être l'ascension finale. Il est bien arrivé au camp 3 à 7600m en fin d'après-midi. Le réveil a été rude quand ils ont vu le vent qui soufflait. C'était très couvert, on n'y voyait pas grand chose. Le vent devrait continuer demain, ce qui pourrait les empêcher de grimper. Cependant, cela s'est levé dans l'après-midi et ils ont pu monter "tranquillement" au camp 3. Ils sont toujours avec deux Polonais. Ils ont emprunté la tente (une place !) d'autres Polonais redescendus. Cyril m'a dit que c'était le "pire bivouac de sa vie". Avec le froid, la tente trop petite et placée sur des cailloux, on ne peut pas dire que ce soit d'un grand confort effectivement... Des vrais conditions d'expéditions donc, avec un grand froid. Enfin, cela a été rattrapé par la vue magnifique sur le coucher de soleil avec la mer de nuage à l'infini...
Ils partiront donc demain à 2h du matin (maintenant en heure française) si le vent n'est pas trop fort. Autrement, ils attendront le lever du soleil pour que cela se réchauffe suffisamment. Il se sent bien et compte bien aller jusqu'au sommet même s'il m'a bien dit qu'ils seraient prudents et qu'ils ne partiraient pas si le vent venait à souffler trop fort. "J'espère qu'on va enfin pouvoir voir l'Everest" m'a-t-il dit pour finir.
A demain donc, peut-être depuis les 8201 mètres du Cho Oyu !!!
PS : Cyril profite du message pour souhaiter un joyeuse anniversaire à son petit frère Augustin et lui dit de demander comme cadeau que "le JetStream aille voir ailleurs s'il y est".
Mercredi 11 mai :T
Tout d'abord mille excuses, j'ai bien reçu un appel de Cyril hier et vous allez en avoir le compte-rendu. Mais je n'ai pas pu me libérer du travail avant très tard hier. Cela ne se reproduira plus, je sais combien il peut être stressant de ne pas avoir de nouvellles. Ceci étant dit, voici le récit des aventures de Cyril.
Il est bien arrivé au camp 1 en compagnie du sherpa hier. Une montée physique, "comme d'hab', il est content d'en avoir fini avec cette première étape et regarde vers l'avant. Il y a un petit groupe de Polonais avec eux. Ils ont l'air assez forts et il espère qu'ils pourront faire la trace avec eux aujourd'hui, notamment parce que cela va être une très grosse journée. Cyril souhaite aller directement au camp 2 pour ne pas répéter l'erreur qui leur a peut-être coûté le sommet (mais qui leur avait permis de partager la montée avec Ueli...!). Ca veut donc dire qu'ils doivent passer le Cérac à 6 750m et continuer jusqu'au camp 2 à 7100m, avec leur gros sac à dos. A coeur vaillant rien n'est impossible ! Allez Cyril !
Niveau temps, il a fait beau hier matin, neige l'après-midi. Cela devrait être la même chose aujourd'hui. Difficile de comprendre l'évolution du temps depuis la France, mais avec les minutes rajoutées sur le forfait (merci !), Cyril ne devrait plus avoir à s'inquiéter pour connaître la météo.
C'est la 5ème fois que Cyril dort au camp 1, et c'est la 5e fois qu'il neige...! Enfin, cela ne l'empêche pas de bien manger, des coquillettes et les restes de la nourriture liophilisée des Italiens. Il prévoit même de la Coppa italienne au repas de demain ! Il faut dire que, contrairement à d'autres qui perdent l'appétit, Cyril, lui, plus il monte, plus il a faim !!
Cyril est donc parti à 8 h ce matin (4h45 heure française) et devrait m'appeler ce soir vers 20h (16h15 HF) après une journée longue mais au combien importante pour atteindre le sommet le 13 mai. Il pourra se "reposer" demain avec une "petite ascension" jsuqu'au camp 3 à 7600m.
Voilà pour les nouvelles d'hier.
Mardi 10 mai :
Cyril part demain avec le Sherpa avec l'objectif d'atteindre le sommet le 13 mai. Vous êtes maintenant familier avec les camps et la manière dont ils procèdent pour l'ascension.
Le programme va donc être :
- 10 mai :camp de base vers camp 1
- 11 mai : camp 1 vers camp 2
- 12 mai : camp 2 vers camp 3
- 13 mai : camp 3 jusqu'au sommet
Cyril connaît désormais bien le terrain et devrait avancer avec plus d'assurance, et, probablement, plus rapidement. Au niveau du temps, il m'a indiqué que la neige tombait pas mal ces derniers temps, ce qui allait un peu compliquer la tâche. Des expéditions sont redescendues du camp 2 ou le vent soufflait à près de 100 km/h ! Heureusement, cela ne devrait pas durer même si la journée de demain risque d'être difficile. Il est en forme et n'a donc pas dit son dernier mot. Je l'aurai au téléphone quotidiennement donc restez près de vos ordinateurs, le drapeau d'HEC montagne va peut-être finalement être posé en haut des 8201m ! Aymeric, quant à lui, reste au camp de base où d'autres personnes l'ont rejoint. Il savoure lentement sa victoire et attends patiemment le retour de son compagnon d'aventure.
Lundi 9 mai
" Bonjour tout le monde, c'est Aymeric. Je vais vous raconter les moments incroyables que l'on a vécus ces dernières 48 heures.
Le 4 mai, on part un peu tard, ce qui nous fait arriver au camp 2 vers 14h30. On est fatigué, on n'a plus d'eau et on hésite à aller jusqu'au camp 3 car cela nécessite encore 4 heures de marche, et on a tous les deux un énorme sac sur les épaules. J'arrive à convaincre Cyril de rester au Camp 2 et d'en partir directement le soir même à 23 h pour aller directement au sommet. Ce choix se révélera être une erreur : le temps était finalement meilleur le 6 mai pour l'ascension et il valait clairement mieux partir du camp 3 pour l'ascension finale.
Nous nous réveillons donc à 23 h, mais à cause du vent qui souffle très fort, on ne peut pas partir. On essaye de faire fonctionner le réchaud, mais impossible de faire marcher le briquet avec ce satané vent ! On est donc obligé d'attendre et on dort comme on peut. Vers 4h du matin, le vent se lève et on arrive à faire marcher le réchaud. Et là, deux hommes arrivent à notre hauteur. Ueli Steck !!! Considéré comme le meilleur alpiniste du monde, recordman de rapidité et Don Bowie (succession de trois 8000 m en une saison cette année) nous croisent. Ils nous attendent pour que l'on puisse partir ensemble. C'est juste incroyable de se retrouver là, à gravir le Cho Oyu aux côtés de Ueli Steck !
On suit donc ces deux "monstres de la montagne", rassurés de savoir qu'ils vont pouvoir faire la trace pour nous, surtout qu'avec la neige qu'il y avait, ça n'est pas du tout évident. Notre sherpa ne se sent pas bien, et décide de rester au camp 2... Après peu de temps, on arrive assez vite sur une belle "rimée". Cyril hésite un peu. Ueli tâte avec le bâton et avance. On le suit mais on flippe un peu... On n'est pas encordé... Passé ce passage difficile, on s'imagine qu'on va les suivre tranquillement jusqu'au sommet... Et pourtant, ils décident de s'arrêter à un moment donné et nous prenons le relais avec Cyril pour faire les traces. De 7200m à 7600m, nous nous relayons à quatre. Ce fut pour Cyril et moi un "grand honneur" de partager cette portion d'ascension avec Ueli et Don, même si on y a laissé beaucoup de forces. Au bout de 3 heures, on atteint enfin le camp 3 (vers 7h donc). On décide de faire une pause tandis que Ueli et Don continuent. Il faut dire qu'avec la nuit mouvementée et le rythme de la montée, on a besoin de souffler. Quand nous décidons de repartir, le sherpa nous a rejoints.
Nous repartons donc tous les trois, derrière Ueli et Don ainsi que tous ceux étaient partis du camp 3 (environ 10 personnes). Nous avançons à 100 m de dénivelé à l'heure. On marche 20 secondes, on récupère 20 secondes. C'est épuisant. A 7 800 mètres on arrive au dernier passage technique avant la fin, passage nécessitant d'escalader un mur. Cyril est particulièrement fier de l'avoir passé "en libre". S'en suit la "Yellow Band", un mixte de cailloux et de neige, "assez crevant".
Jusque là, je me sentais plutôt pas mal mais en arrivant non loin des 8000 mètres, "mon système respiratoire pète", impossible de respirer. J'ai tellement mal au plexus que j'ai l'impression d'avoir les côtes cassées. A 8 000m ça devient vraiment flippant ! A à peine 2 heures du sommet, je suis contraint de rebrousser chemin avec le sherpa, décision la plus sage étant donné mon état de santé. Cyril décide courageusement de continuer seul.
En redescendant avec le sherpa, je me "vautre" pas mal de fois. Je suis vraiment épuisé et lorsque l'on arrive au camp 2, nous nous endormons instantanément. Ce n'est que le lendemain que j'apprendrai que Cyril s'est arrêté vers 8050m à la vue d'un gros cumulus. Etant tout seul, il a choisi la voie de la sagesse et a commencé la descente. Cumulus qui s'est dissipé par la suite...
Au final, quelques mauvaises décisions, mais une superbe journée où l'on a pu faire la trace avec deux véritables stars de la montagne ! En ce qui me concerne, j'ai donné le maximum et j'ai atteint mes limites. Il faudra attendre une autre expédition pour atteindre des sommets! Quant à Cyril, il n'a pas dit son dernier mot et donne rendez-vous à tout le monde le 13 mai pour la fin de l'aventure."
Aymeric
PS: "Maintenant, on est tranquille au camp de base et on fête notre "semi victoire" et la victoire de l'Equatorien qui est complétement "taré", à regarder la montagne et à lui crier "I love you Cho Oyu" ! Il faut dire qu'on a fêté ça au champagne !"
Jeudi 5 mai
"Je les ai eu au téléphone 20 petites secondes. Juste le temps de me dire qu'ils allaient bien. Ils n'ont pas converti l'essai à 8201m, mais j'ai cru comprendre qu'ils vont réessayer demain. Je n'ai malheureusement pas plus de détails. La logique voudrait qu'ils soient retournés au camp 2 après une première tentative aujourd'hui. Peut-être qu'ils n'ont pas trouvé le chemin le plus rapide et ont décidé de rebrousser chemin pour mieux tenter leur chance le lendemain. Peut-être ont-ils finalement décidé d'aller au camp 3 (peu probable vu qu'il faut tout réinstaller et qu'ils sont parti a priori avec le moins de matériel possible). Nous aurons plus d'informations demain, la batterie devrait tenir d'ici là."
Mercredi 4 mai
"Décidément, ils sont infatigables ces aventuriers ! Les voilà arrivés au Camp 2 à 7100 mètres d'altitude (Ils étaient plus bas hier, vers 6700m). Il fait très froid (ai-je besoin de le repréciser ?), "ça caille" comme dirait Aymeric. La batterie est quasiment à plat, donc il ne faut pas s'inquiéter si nous n'avons pas d'appel dans la foulée. Je leur ai quand même demandé d'emprunter le téléphone de quelqu'un à leur retour pour rassurer tout le monde. Ils sont donc à 7 100m au camp 2 et ont donc passé le Cérac avec succès. Une photo jointe vous permettra d'apprécier la vue qu'ils ont pu avoir ce soir. Le lever est prévu à 23 heures. 3 petites heures de sommeil donc avant de partir pour le sommet. Partir du camp 2 s'est déjà fait dans de précédentes expéditions. Cela allonge la journée de manière significative, d'où l'heure du départ.
Les heures qui viennent seront probablement les plus intenses de toute leur vie et je les sens prêts. "On est bien", m'ont-ils dit tous les deux. Leur voix était normale, leur ton, assuré et serein. Je leur ai rappelé tout le soutien qu'ils avaient ici et à quel point nous croyions en eux. Ils m'ont indiqué que le temps était bon pour l'ascension demain. C'est une bonne chose. Ils essaieront de prendre une photo au sommet, mais sans assurance. Il vaut mieux ne pas en avoir que de prendre des risques démesurés.
Voilà pour le bulletin quotidien avant l'ascension finale. Le prochain sera donc soit demain soit après demain en fonction de la batterie et de la rencontre éventuelle d'autres expéditions."
Mardi 3 mai :
"Appel d'Aymeric reçu depuis le camps 1.5, soit juste en dessous du Cérac et donc à environ 6900 mètres d'altitude.
L'ascension a été particulièrement difficile aujourd'hui avec la tempête qui ralentissait leur course. Sur le site de la météo, ils indiquent au camp de base de l'Everest -35°C cette nuit et 15km/h de vent (soit une température ressentie de -50°C). Ils sont bien équipés et n'ont pas l'air de souffrir du froid. Je n'ai pas ressenti d'inquiétude dans leur voix, ils semblent maîtriser la situation. De plus, le vent devrait se lever demain (5km/h) et la neige devrait cesser de tomber sans pour autant que le soleil refasse une apparition. Sans soleil, la batterie ne peut pas se recharger... C'est pourquoi nos appels sont souvent très courts. Enfin l'essentiel, c'est de les savoir en bonne santé et lucides.
Pendant l'ascension, il fallait faire les traces dans la neige fraichement tombée et Cyril et Aymeric se sont relayés, solidaires et unis, pour arriver au bout de ces 500 mètres de dénivelé. Ils ont l'air d'aller bien et ont décidé d'avancer d'une journée l'ascension finale pour des raisons météorologiques. Ils iront donc dès demain au camp 3 à 7300 mètres après avoir passé le Cérac, difficulté principale du parcours, pour tenter l'ascension finale après demain
Voilà pour le bulletin quotidien des aventures d'Aymeric et Cyril.Pensez fort à eux pour ces derniers mètres de dénivelé, ce sont les plus durs !
Lundi 2 mai 2011 (J-4)
"Incroyable" a été le premier mot prononcé. Ils viennent d'arriver au camp 1 à 6400m après 5h d'ascension. Ils se réchauffent autour d'une petite soupe. Ils sont partis à deux avec le Sherpa, et ne devraient donc plus se quitter d'une semelle. L'ascension n'a pas été facile, surtout avec la neige qui a commencé à tomber en fin d'après-midi. Mais "la partie fun" commence maintenant comme ils disent et la motivation reste intacte. Ils n'ont pas d'autres expéditions autour d'eux pour le moment et s'apprêtent à affronter la montagne en équipe, bien guidés par le sherpa.
Un nouveau point demain vers 15h. Les rendez-vous téléphoniques restent assez courts, probablement pour cause de batterie et ne permettent pas forcément de faire passer tous vos messages, mais je ne doute pas qu'ils savent que vous pensez à eux. Il faut leur faire confiance pour le reste.
Dimanche 1er mai : "Décidément, cela s'accélère là-haut ! Je viens de recevoir un appel d'Aymeric, la dernière ligne droite se rapproche à grands pas. J'entendais difficilement, mais je pense qu'ils sont restés hier et aujourd'hui au camp de base. Ce qui est sur, c'est qu'ils se sont mis d'accord sur le programme pour les jours à venir et qu'aucune descente n'est prévue jusqu'aux... 8200m.
Lundi 2 mai - Départ du camp de base jusqu'au camp 1 - 6300m
Mardi 3 mai - Du camp 1 au camp 1 intermédiaire - à confirmer - 6800m
Mercredi 4 mai - Du camp 1 intermédiaire au camp 2 - 7100m
Jeudi 5 mai - camp 2 au camp 3 - 7400m
Vendredi 6 mai - Ascension au sommet !
Et parce que vous ne voulez rien rater, ils m'ont dit qu'ils m'appelleraient quotidiennement (eh oui!) pour nous donner des nouvelles. Donc restez près de vos ordinateurs pour suivre jour après jour leur ascension.
Niveau temps, je viens de regarder sur Internet au sujet du camp de base de l'Everest. Il devrait neiger lundi et mardi et le temps devrait s'améliorer pour les derniers jours (les plus importants !). Niveau physique, le temps passé au camp de base a permis de bien reprendre des forces. J'ai trouvé Aymeric tout à fait lucide et réaliste. Pas d'essoufflement, pas de maux de tête. Croisons les doigts pour que cela continue comme ça. Voilà, à demain donc pour des nouvelles fraîches."
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Aymeric a rejoint comme prévu Cyril dès mardi 26 avril au camp 1, le retour au camp de base lui ayant permis de reprendre les forces nécessaires pour les jours à venir. S'en sont suivis 3 jours au camp 1 (6450m) où ils ont pu continuer à s'acclimater, et surtout à « s'habituer » à dormir à cette altitude.
Vendredi 29 avril :
"Après trois jours passés à 6450m, ils ont décidé de redescendre au camp de base pour se reposer. Ils se sentent globalement bien même s'ils subissent quelques maux d'estomac. Ils ont conscience des difficultés à venir et restent prudents dans leurs décisions. Soudés, ils prévoient de partir demain ou après-demain au camp 1 puis d’installer un camp 1 intermédiaire au-dessus du sérac avant de rejoindre le camp 2 pour préparer une ascension qui pourrait avoir lieu plus tôt que prévue étant données les prévisions météorologiques et la forme physique qu'ils n'auront peut-être plus aussi haute après plusieurs semaines en haute altitude.
Mercredi 27/Jeudi 28 avril :
Ils ont passé le Cérac avec succès (et donc la barre fatidique des 7000m !) même si l'ascension a probablement été la plus difficile depuis le début. Arrivés "à flanc de Cérac", ils ont continué un peu, ont déposé leur portage mais ne sont pas allés jusqu'au camp 2, notamment en raison de la neige qui les ralentissait... mais également pour profiter d'une vue imprenable sur le Cho Oyu et sur l'ensemble de la vallée.Le peloton initial se limite désormais aux plus motivés : après l’abandon de la Française dès les premières jours de l’expé (dommage pour le moral des troupes, c’était la seule fille. Heureusement ils ont eu l’occasion de faire la connaissance d’une charmante Française dans une des autres équipes restantes, nous voilà rassurés !), un Italien a abandonné et a décidé de passer quelques temps au camp de base, tout comme un des Equatoriens.
Nous avons pu transmettre vos encouragements, ils en ont bien besoin alors que le jour J se rapproche à grands pas. Ils pourraient tenter de convertir l’essai à 8201 mètres (rappelons que le plateau sommital du Cho Oyu représente une superficie égale à 10 terrains de foot donc largement la place pour un tournoi de rugby en plein air) dans deux ou trois jours. Nous en saurons plus la semaine prochaine.
Lundi 25 - Mardi 26 avril - Camp 1 - 6450m
Lundi, grand soleil et départ pour le camp 1 d'où Cyril m'a appelé aujourd'hui. Aymeric s'est senti mal au milieu, peut-être les restes de l'ascension de Samedi.Il a préféré redescendre au camp de base avec d'autres membres de l'expé. Rien de grave a priori puisqu'il est prévu qu'il retrouve son compère demain au camp 1. Cyril a prévu d'apporter du matériel à 6750m demain avec le sherpa, juste avant la partie très technique du Sérac (60º à 70º sur 50 m - voir photo). Une fois l'équipe réunie mardi soir, ils devraient faire une première tentative jusqu'au Camp 2 à 7200m Mercredi avant de redescendre au camp de base pour quelques jours.
"Bref, l'expédition fait son petit bout de chemin, croisons les doigts pour que cela continue comme ça. Niveau santé, rien à signaler, pas de mal de crâne, juste un peu de fatigue mais sans plus. La motivation est toujours là. Alice devrait avoir plus de nouvelles ce Jeudi et quand je les aurai Dimanche prochain, ils auront peut-être été jusqu'au camp 3 ! N'hésitez pas à me laisser des messages. J'ai déjà fait passer aujourd'hui ceux que certains d'entre vous m'avez envoyés. Et n'oubliez pas que nous pouvons envoyer pour vous jusqu'à 1 SMS par jour (160 caractères)."
Dimanche 24 avril.
Repos bien mérité, notamment en raison du temps. La neige n'a pas cessé de tomber de la journée. Côté nourriture, ils ont l'air de se régaler (enfin c'est ce qu'ils disent!). Je crois comprendre qu'ils apprécient tout particulièrement le fait de pouvoir mettre les pieds sous la table (ou les fesses sur le rocher) après les longues journées d'ascension et de déguster les repas préparés avec soin par les sherpas, qui se révèlent être d'excellents cuisiniers.
Samedi 23 avril - 1er aller retour au camp 1 - 6450m
Samedi, ils sont allés faire un premier aller-retour jusqu'au camp 1 pour un portage (nourriture, tentes). Pour y arriver, il faut suivre environ 5 km de moraine jusqu’à environ 6 000 m (environ 2h30). De là il faut remonter une pente de 35 º à 45º sur 450 m (environ 2h). Le camp 1 se trouve à 6 450 m. 6450m !! Record d'altitude battu pour tous les deux lors de cette journée ! Évidemment cela ne s'est pas fait sans souffrance... Avec 20kg sur le dos, cette journée a laissé des traces.
Mercredi 20 à Vendredi 22 avril - Camp de base - 5750m
Nos deux montagnards sont arrivés au camp de base à 5750m d'altitude mercredi dernier sans trop de soucis. Les deux Italiens ont un peu craqué et sont redescendus mais nos Français préférés ont tenu bon ! Les premiers jours au camp de base ont permis de se reposer et de s'habituer à l'altitude avec des petites ballades aux alentours sans oublier la fête de la Puja vendredi, grande fête bouddhiste où ils ont prié les Dieux pour que ceux-ci les acceptent dans la montagne... Tout en sirotant un petit alcool maison... à 10h du matin !
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Au moment du départ, début avril.
"Quelques nouvelles de nos baroudeurs Aymeric et Cyril qui nous ont appelés cette après midi depuis le téléphone satellite. Ils viennent d'arriver au camp de base chinois, à plus de 5000m d'altitude et à 3 jours du camp de base avancé. Le temps est au beau fixe et les paysages sont époustouflants. Le passage à la frontière chinoise ne s'est pas fait sans soucis... La charcuterie et le fromage à la française y sont restés !! Nos montagnards ont dû aller mendier dans les cuisines des villageois Tibétains pour satisfaire leurs estomacs désormais bien acclimatés. Malgré cet accueil réservé, ils ont vraiment la patate comme ils disent, et ça fait plaisir de les entendre parler de leur périple. Cyril est même allé se faire une petite séance de grimpe pour mieux apprécier la vue sur le Cho Oyu qui les accompagne depuis quelques jours, tel l'objectif à portée de vue...
L'équipe est très sympa et international. Avec 3 Italiens, 3 Equatoriens, 1 Français et une Française (qui n'a malheureusement pas supporté l'altitude et a d'ores et déjà rebroussé chemin...), l'ambiance est vraiment sympa ! Avec eux, ce sont 5 à 6 "expés" qui se sont donné rendez-vous pour l'ascension du Cho Oyu, soit 30 à 40 personnes, un nombre raisonnable selon nos professionnels de la montagne.
J'ai rendez-vous avec eux dimanche prochain pour qu'ils nous racontent leur arrivée au camp de base et bien plus encore. En tout cas, j'ai senti au ton de leur voix qu'ils étaient en forme, de bonne humeur et plein d'entrain pour la suite. Il semblerait que acclimatation des premiers jours ait porté ses fruits.
En tout cas merci beaucoup pour votre soutien, ces deux bonhommes là sont en train de vivre une expérience hors du commun."