Optimiste, réaliste… et de bonne réputation
A 34 ans, Pierre Andurand dirige BlueGold Capital Management, l’un des principaux hedge funds spécialisés dans les matières premières. Rencontre avec un optimiste ambitieux.

Pierre Andurand n’apprécie pas la demimesure. Après avoir travaillé comme trader sur le pétrole chez J.Aron (la filiale de Goldman Sachs spécialisée en trading commodities à Singapour), puis chez Vitol, il ne se résout pas à gérer “seulement” 200 millions de dollars pour le géant du trading d’énergie. “J’ai pensé que je pourrais lever plus d’argent si je montais ma propre entreprise”, confie-t-il. Il s’associe donc à Dennis Crema, un autre ancien de chez Vitol, et fonde BlueGold Capital Management à Londres, en février 2008. “La crise a rendu difficile la levée de fonds pour créer notre entreprise. En revanche, elle a généré de gros mouvements sur le marché des matières premières, dont nous avons tiré avantage”, souligne le PDG. La société performe à hauteur de 210 % la première année grâce à l’hypervolatilité du marché du pétrole, et affiche un retour net sur investissement de 440 % depuis sa création. Elle a été récompensée comme le meilleur nouveau fonds de l’année en 2008 et comme le meilleur fonds de matières premières en 2009 par Eurohedge.
Aujourd’hui, BlueGold Capital Management gère 1,8 milliard de dollars et fait partie du “Top 4 du secteur”. Pour expliquer ces performances, Pierre Andurand invoque “l’intuition,un certain sang-froid et la réactivité”. “Nous essayons de créer des profi ls de risque asymétriques et de prendre des positions quand on est sûr à 80 % d’avoir raison. Par exemple, je risque 1 dollar pour gagner 5 dollars. En cas de perte, l’important est de pouvoir sortir de ses positions en quelques heures.” Dans les deux prochaines années, le trader compte atteindre les 5 milliards de dollars, ce qui ferait de son fonds d’investissement le plus important sur le marché des matières premières. Ses conseils ? “Être optimiste mais réaliste, et bénéficier d’une bonne réputation sur son marché pour lever de l’argent.” Une réussite dans laquelle il n’oublie pas son école : il est membre d’honneur du cercle des grands donateurs de la Fondation HEC avec un don de 500 000 euros. ●
Article issu de la revue Hommes & Commerce HEC n°341