Socialement vôtre
Sarah Rozenberg est diplômée de la Grande Ecole 2010. Particularité : elle a choisi un cursus résolument orienté « social » : une majeure Développement Durable et un Certificat Social Business. Son premier job : consultante dans un cabinet de conseil en stratégie sociétale et social business. Portrait d’une jeune femme engagée.

Sarah dans le village d'Agbetiko au Togo.
«En toute franchise, je n’étais pas faite pour le conseil classique, la finance ou le marketing.» Au détour d’un stage chez Chanel à New-York, c’est même la révélation : «Pas pour moi, tout ça». Sarah se découvre assez vite un fort attrait pour les causes sociales et humanitaires. Notamment les vertus du micro-crédit chez Planet Finance lors d’un autre stage. «Ce changement de cap, c’était simplement la matérialisation d’envies, d’une sensibilité personnelle qui ne demandaient qu’à prendre corps.» Dans cet univers nouveau, Sarah fait rapidement son apprentissage en se mettant en action. Lors de son année de césure, elle crée une association, Honovi, destinée à améliorer les conditions d’accès à l’eau potable des 6000 villageois d’Agbetiko au Togo. «Un projet qui m’a occupé à plein temps», se souvient-elle, «et qui m’a définitivement mise sur les rails de mon engagement.» 6 mois intenses entre mars et septembre 2009 pendant lesquels elle va prendre conscience des difficultés et des limites d’un tel projet géré avec une toute petite structure : « L’eau est un secteur extrêmement exigeant. A l’arrivée, je me suis aperçue que je n’étais pas de taille à régler seule ce genre de défi. Mais l’expérience a été énorme.»
C’est justement lors de la réalisation d’un cas d’entreprise sur Veolia à Tanger, au cours d’une mission effectuée dans le cadre de la majeure Développement Durable, que Sarah aura l’occasion d’étudier et d’apprendre une autre facette de ces types de métiers. «Après Honovi, j’ai ici eu une vision extrêmement riche du travail via un acteur majeur de l’eau. J’ai pu effectuer un important travail de recherche terrain : rencontre notamment avec des cadres du groupe et visites à Tanger. A la fin, une seule envie me taraudait : l’action, l’envie de me battre !» La boucle presque bouclée, Sarah est contactée peu après la remise de son diplôme par Azao, un cabinet de conseil en stratégie sociétale et stratégies « Base of the Pyramid », une activité encore récente en France. «Ca ne pouvait pas être mieux ! Comme la concrétisation de mes efforts précédents. Le job rêvé ! Pour l’instant, je travaille sur une étude consacrée à la contribution des entreprises aux objectifs du millénaire pour le développement. D’ici quelques mois, j’espère participer à une étude qui me mènera davantage à procéder à des analyses sur le terrain.»
Et comment Sarah voit-elle désormais HEC de son bureau parisien ? «Mon enseignement autour du social business m’a été franchement bénéfique. Notamment pendant la Majeure Développement durable : des intervenants de grande qualité, une sensibilisation intelligente aux enjeux de l’époque (écologie, pauvreté, gestion des matières premières…). Les cours du Certificat se sont révélés tout aussi passionnants. Il me parait souhaitable d’ailleurs que HEC continue à prodiguer son enseignement autour du développement durable à l’ensemble des programmes proposés (finance, marketing, etc…). Le « business » aujourd’hui ne peut plus se limiter à une approche uniquement économique ou financière. Les enjeux humains et sociaux font partie de la donne.»