Diplômé Grande Ecole en 2001, Jérémie Mani opte directement pour l’entreprenariat et le Web dès le début des années 2000. Du début de l’e-mailing à la modération des espaces de discussion, portrait d’un authentique « pure-player ».
En 2000, la bulle Internet éclate et la « Wahoo économie » est à terre. Sauf Jérémie et sa startup « Directinet » lancée avec quatre associés eux aussi issus de HEC. « Paradoxalement, c’était le bon moment de se lancer. Avec mes 4 amis, on avait réussi à lever des fonds pendant le krach (9 puis 20 millions de Francs). On avait vraiment les moyens de pourvoir à nos fins. » Le métier de Directinet : le marketing direct appliqué à Internet. En d’autres termes, l’e-mailing de prospection, la collecte de données qualifiées, le e-CRM… Des activités à l’époque encore au stade embryonnaire. « Il faut se souvenir qu’à cette période, l’e-mailing n’existait pratiquement pas ! On en était encore uniquement au stade d’envoi par papier. Mais nous avions senti que cet outil allait devenir un canal supplémentaire aux techniques de ventes habituelles. » Orange, BNP Paribas, GDF, Renault, SFR, Cofidis, la liste des grands comptes s’allongent au fil des années. Directinet ne sera jamais déficitaire. Bien au contraire. En 2009, Jérémie quitte la société après l’avoir revendue à un groupe anglais, IPT (devenu ensuite Direct Excellence) pour 33 millions d’euros. Fin du premier chapitre. « Cette aventure m’a définitivement prouvé que j’étais fait pour l’entreprenariat. Créativité, initiatives, esprit d’équipe : c’est un sentiment très fort quand on arrive à vivre ce dont on avait rêvé. » Jérémie se souvient de ses tous débuts de stagiaire chez Kraft Foods à Vélizy et Procter and Gamble à Londres. « Les grands groupes, je n’étais pas fait pour ça, je m’en suis rapidement rendu compte. Trop d’inertie à mon goût. »
Début du second chapitre en 2010 avec le rachat de Netino, une société spécialisée dans la modération des espaces de discussion sur Internet. « Une découverte totale. Je ne connaissais rien dans ce domaine. Mais en rencontrant le gérant, Jean-Marc Royer, je me suis aperçu que ce marché avait un potentiel évident. » Forums, pages Facebook, blogs, commentaires de lecteurs d’articles de presse ou de consommateurs de sites marchands, le « Web 2.0 » est désormais la norme de l’Internet actuel. L’internaute peut donner son avis sur tout, n’importe quand, depuis son mobile ou son ordinateur. Les abus sont nombreux et les éditeurs doivent requérir à des sociétés spécialisés dans le traitement éditorial des messages publiés. 24h/24. 7j/7. « La modération n’est pas le business le plus glamour du Web », explique Jérémie, mais c’est une obligation pour presque tout le monde désormais. Un dérapage peut coûter cher. Voir les exemples de la page Facebook de la Fnac laissée vacante un week-end et un article polémique du journal Libération.
« C’est un métier nouveau, passionnant, vraiment, en perpétuel mouvement avec l’arrivée des réseaux sociaux. C’est en outre un miroir très intéressant de la société à travers les divers courants d’opinion qui s’expriment sur la Toile. C’est vraiment très remuant. » Les affaires se portent bien, même en situation de crise. 1,2 million d’euros prévus fin 2011 contre 200 000 pour les 6 premiers mois de 2010. « Si j’avais un conseil à donner aux étudiants actuels, c’est de s’intéresser aussi aux métiers qui ne brillent pas. La finance, le marketing, ok, mais vous ne serez pas forcément plus heureux. Mon parcours montre, je pense, qu’on peut tout aussi bien gagner sa vie et s’épanouir, sans forcément avoir un job sous les lumières. »
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Jérémie Mani a gardé le contact avec HEC. Il a eu les honneurs du palmarès des Mercures HEC des Entrepreneurs 2010. Le Jury a en effet attribué un Mercure à Netino, dans la catégorie "Reprise d'entreprise". Voir la vidéo.
Jérémie anime un blog dédié aux problématiques de la modération. Vous pouvez aussi le suivre sur Twitter et Facebook.