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Le marché financier chinois ou les hoquets du "capitalisme-communisme" par Thibaud Voïta, Janvier 2006
Depuis les années 1980, la vitalité de l'économie chinoise suscite les louanges des commentateurs. Pourtant, le pays souffre de nombreuses faiblesses structurelles, parmi lesquelles un système financier arriéré et inadapté qui confine la plupart des entreprises privées à l'autofinancement.
Le marché boursier est particulièrement morose et ne remplit pas ses fonctions traditionnelles : après avoir connu une croissance importante pendant les 10 premières années de son existence (1991-2001), la Bourse chinoise a connu une chute brutale en août 2001 et affiche depuis des résultats au mieux médiocres.
Les causes à ces problèmes sont nombreuses: les petits investisseurs n'ont pas de vision à long terme et n'achètent des actions que pour les revendre très rapidement ; les entreprises publiques, majoritaires sur le marché (environ 1200 sur les 1300 firmes cotées), connaissent de très médiocres performances et souffrent d'une très mauvaise gouvernance ; les sociétés de courtage, leurs faillites s'enchaînent… Surtout, la Bourse chinoise a toujours été subordonnée à la politique industrielle et a en réalité été créé pour soutenir les entreprises publiques.
La Bourse chinoise est séparée en un compartiment des actions A (à l'origine réservé aux nationaux) et un compartiment des actions B (à l'origine réservé aux étrangers et aujourd'hui plus ou moins abandonné des investisseurs). L'Etat maintient son contrôle sur elles grâce au système des actions non-échangeables, réservées aux institutions publiques. Enfin, la plupart des pouvoirs locaux ont longtemps ignoré les directives du Centre et aujourd'hui encore ne respectent que de manière imparfaite ses règlements.
La Chine, étant données ses ambitions économiques, ne peut se permettre de conserver un système boursier aussi peu efficient. Avec l'ouverture croissante du pays, les réformes semblent de plus en plus urgentes et ont commencé à s'accélérer en 2005 : les actions non-échangeables commencent à être transférées aux acteurs privés et un fond de stabilisation a été lancé. De nombreuses questions restent pourtant en suspens sur l'avenir du marché : en particulier celle du retrait de l'Etat, qui semble encore loin d'être assuré… La Bourse semble encore destinée à souffrir pendant quelques temps des hoquets du « capitalisme-communisme ».
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