La crise n'est pas mondiale!

Xavier Fontanet, Professeur Affilié d'Honneur - 5 juin 2014
La crise n'est pas mondiale! par Xavier Fontanet

Il y a sept ans, le rapport Pébereau recommandait de faire baisser la dépense publique (Etat et sphère sociale) et de rembourser notre dette. Cette dernière représentait alors 60 % du PIB et les dépenses publiques 52 %. Malheureusement, le rapport n'a pas été suivi.


Xavier Fontanet ©HEC Paris

Ingénieur des Ponts-et-Chaussées et titulaire d’un master de management du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Xavier Fontanet a été PDG du Groupe Essilor de 1996 à 2012. (...)

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Depuis, la sphère publique est montée à 57 % et la dette à 95 %. La sphère privée-les entreprises -a subi 100 milliards d'euros de charges supplémentaires. Malgré ce matraquage fiscal, les déficits ont continué et la dette a grossi de 700 milliards d'euros. On scrute mois après mois les chiffres de l'activité, ils sont plats. Le PIB marchand (43 % du PIB) a décru de 906 à 874 milliards entre 2007 et 2012. Bilan : 700 milliards de dépenses supplémentaires à gauche comme à droite ont produit une baisse du PIB de 32 milliards d'euros ! Le jour où les hommes politiques des deux camps arrêteront de se rejeter les responsabilités, nos concitoyens pourront commencer à comprendre la vérité : la crise, ce n'est pas l'économie mondiale, ce sont  nos politiques de surinvestissement dans la sphère publique qui la provoquent. Comment voulez­-vous qu'une monture avance quand  le cavalier est 30% plus lourd  qu'elle ? Les 50 milliards d'euros d'économies annoncés vont dans la bonne direction, mais ce n'est qu'un tout petit bout du chemin ! Le scrutin du 25 mai a révélé... l'Italie. Elle devient une des stars de l'Europe grâce au remède que lui impose son nouveau leader. Il y va fort et démontre que, en bougeant les lignes, on peut rendre le moral au pays et l'avoir derrière soi. L'Italie et son Nord industriel vont prendre notre  place auprès de l'Allemagne. La mauvaise nouvelle, c'est que la France est en deuxième division, notre immobilisme, notre absence de consensus et le dogmatisme de nos gouvernants nous ayant isolés. La bonne nouvelle, c'est que tous les pays ont fait le pari de la réforme. L'Europe finira par nous persuader de nous y mettre maintenant.


D'après la tribune de Xavier Fontanet dans Les Echos publié le 5 juin 2014