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Big Data Day à HEC Paris : une première édition sur une courbe ascendante

19 février 2018

Près de 200 chercheurs, professeurs et étudiants se sont réunis le 23 janvier dernier pour la toute première édition du “Big Data Day” d’HEC Paris, spécialement destinée à promouvoir les activités de recherche de l’école en matière de big data et d’analyse décisionnelle. Une occasion de mettre en évidence, à l’occasion d’une journée riche en échanges et en découvertes, les liens qui unissent les travaux d’avant-garde sur les données, le développement de programmes innovants et une recherche académique de pointe.
 

Big Data Day - HEC Paris 2018

Les événements consacrés à la « big data » sont de plus en plus populaires, avec de nombreuses déclinaisons qui émergent dans des centres de conférences aussi éloignés les uns des autres que Bakou, Los Angeles, Oslo ou Londres. On ne peut nier cependant l’esprit pionnier qui a régné à l’occasion de ce premier « Big Data Day » à HEC Paris. « La recherche pluridisciplinaire naît souvent de décisions prises au sommet », remarque Christophe Pérignon, co-organisateur de l’événement et Directeur de la recherche d’HEC, « mais ce que nous avons constaté aujourd’hui, c’est que le « big data » mène aussi à des coopérations entre des chercheurs de toutes disciplines et de toutes origines, qu’il s’agisse de professeurs, d’étudiants ou de professionnels. Nous espérons que cela aboutira à des synergies encore plus nombreuses parmi les membres de la communauté HEC ».

Les huit heures d’échange qui ont eu lieu à l’amphithéâtre Bellon sur le campus de Jouy-en-Josas ont en effet permis aux chercheurs d’HEC d’apprécier l’éventail très large des travaux menés par leurs collègues. En parallèle, plus d’une centaine d’étudiants issus de la majeure Digital (Master in Management), du MSc Data Science for Business (lancé en 2016 par HEC et l’Ecole polytechnique) et du MBA d’HEC Paris ont été confrontés aux plus récentes avancées scientifiques des chercheurs, « une composante essentielle des programmes d’HEC », souligne Christophe Pérignon. La journée a également permis aux entreprises partenaires de l’école de prendre connaissance des dernières recherches HEC en matière de « big data », dans des domaines aussi variés que les inégalités géographiques, les rapports annuels des entreprises,  les liens entre célébrité et créativité, ou encore la blockchain. Ce dernier sujet, malgré sa grande complexité, a été présenté de façon très claire par Bruno Biais, professeur visitant de finance à HEC.
 

Lier la recherche au business

Devant un auditorium bondé, Peter Todd, Directeur Général d’HEC Paris, a lancé la journée en rappelant que le « big data » fait partie intégrante de la capacité de l’école à innover en matière de transformation digitale, l’un des 3 thèmes identifiés comme pôles d’excellence pour HEC. « Nous accueillons aujourd’hui un événement exceptionnel sur le campus HEC » a déclaré Peter Todd, faisant le lien avec d’autres initiatives autour de la transformation numérique des entreprises ou de l’entrepreneuriat digital. Celles-ci, a-t-il rappelé, ont conduit à de nombreux partenariats établis par le Centre Digital d’HEC avec Atos, Axa, Air France, Orange, Webhelp ou Capgemini.
 
Les partenariats gagnant-gagnant avec la communauté des entreprises étaient au cœur de l’intervention  de Thomas Astebro, intitulée "Herding in Equity Crowdfunding". Le professeur en économie et en sciences de la décision a collaboré pendant plusieurs années avec Seedrs, un des deux plus grands sites d’equity crowdfunding au monde. « Il faut développer des relations de confiance avec des partenaires de ce type », explique Thomas Astebro, qui rappelle le véritable trésor que constituent les données de Seedrs nées de ce partenariat. Elles ont alimenté trois projets jusqu’ici : « je vous invite à nous rejoindre », ajoute-t-il enfin.
 
Des partenariats de ce type aident les entreprises à tirer profit de vastes bases de données souvent sous-exploitées et peu structurées, précise Christophe Pérignon. « Nos chercheurs, en utilisant des techniques de modélisation de pointe, aident les entreprises à prendre des décisions stratégiques avisées », rappelle-t-il. « Et parallèlement, explorer leurs données permet aux chercheurs d’HEC de publier dans les meilleurs revues académiques ».
 
Ces liens entre la science des données et le monde des affaires, tel qu’ils ont été présentés durant l’atelier Big Data, étaient aussi l’occasion de mettre en avant un des programmes les plus innovants d’HEC, le MSc Data Science for Business, créé avec l’Ecole Polytechnique. Il s’agit d’une des meilleures combinaisons entre l’ingénierie et le business proposées en Europe, qui permet de former des spécialistes pointus de la science des données ayant aussi une forte expertise en business et management (pour aller plus loin, consulter l’article Knowledge@HEC : « En Route for the Sexiest job of the 21st century?”)
 

De l’électricité à la créativité

Dans l’intervalle, le co-organisateur de cette journée, Peter Ebbes, a partagé son travail captivant sur les données issues de Linkedin, tandis que son collègue Ludovic Stourm décrivait comment il extrait automatiquement le contenu de pages web pour étudier le fonctionnement des marchés en ligne. Classer les avis consommateurs, conduire des analyses textuelles à grande échelle d’informations financières, analyser les présentations vidéo de produits innovants, utiliser une solution d’eye-tracking pour examiner le regard du consommateur en ligne, agréger les modèles statistiques pour prévoir la consommation française d’électricité ou les taux de change, disséquer les programmes de fidélisation à l’aide de modèles de réseau bayésien, … : voici quelques-uns des sujets partagés par les 25 professeurs présents avec un public enthousiaste.

Les participants à cette rencontre ont également pu bénéficier du point de vue d’étudiants en Master et en doctorat sur les principaux défis et opportunités qu’offre le « big data ». Parmi les étudiants de la Majeure Digital figuraient de jeunes analystes qui s’efforcent d’améliorer les flux d’information provenant de la « big data » du Ministère de la Défense français, ou qui font de la recherche sur Netflix et ses données clients. Les étudiants en Master suivis par le Centre Digital d’HEC font partie d’une nouvelle génération de data analysts que le Big Data Day a décidé de valoriser dans son programme. En parallèle cette journée a permis aussi l’intervention de chercheurs doctorants, comme par exemple celle de Laure Lelasseux à propos de son travail intitulé « Qualitative Study ». Une occasion pour elle de décrire les outils qui permettent d’accélérer la collecte de données, et de rappeler qu’il ne faut « pas avoir peur d’utiliser la big data pour des recherches qualitatives ».
 
Mais le travail le plus intriguant a sans doute été présenté par Mitali Banerjee, professeur assistant en stratégie et politique d’entreprise à HEC depuis 2016. Elle utilise des algorithmes de vision artificielle pour étudier les relations entre la célébrité et la créativité artistique, à plusieurs époques et dans plusieurs pays. Dans son exposé, Mitali Banerjee a partagé son travail sur 75 pionniers de l’art du début du XXème siècle et un corpus réunissant plus de 7000 de leurs œuvres, une recherche approfondie qui lui a permis de livrer une conclusion qui donne à réfléchir : « les artistes les plus célèbres sont aussi les plus conformistes… La célébrité ne procède pas de la créativité, mais plutôt des structures sociales ».
 
Comme la plupart des travaux présentés lors de ce premier « Big Data Day », le travail de Mitali Banerjee a été l’occasion de rappeler que l’impact d’une recherche de ce type peut dépasser les cercles académiques pour révéler de vastes réalités culturelles de notre monde moderne.


 

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