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Chercheurs, entreprises et ONG s'unissent pour construire un nouveau capitalisme tourné vers l'impact social

21 décembre 2016

C'est lors d'une conférence exceptionnelle, le 9 novembre 2016, en présence du prix Nobel de la Paix et inventeur du microcrédit, Muhammad Yunus, et du PDG de Danone, Emmanuel Faber, qu'HEC Paris a annoncé le lancement du "Movement for Social * Business Impact". Soutenu par ces deux figures internationales du social business, par Martin Hirsch, Président de l’APHP et par six grandes entreprises, le mouvement vise à contribuer au développement d’une économie plus inclusive.

Chercheurs, entreprises et ONG s'unissent pour construire un nouveau capitalisme tourné vers l'impact social - M. Yunus & E. Faber - HEC Paris 2016

"Nous pouvons constater la puissance de l'idée d'impact social en regardant la salle ce soir", a déclaré Peter Todd, Directeur général d'HEC Paris, devant près de 1 000 personnes en ouverture de la conférence "Creating Social * Business Impact", qui se tenait le 9 novembre sur le campus d'HEC.

Mêlant recherche, pédagogie et projets concrets menés en entreprise, le mouvement " Social * Business Impact" est co-construit sur une période de trois ans par les fondateurs de la Chaire HEC Social Business/Entreprise et Pauvreté: Danone, Schneider Electric et Renault, accompagnés de trois nouveaux partenaires: Sodexo, Veolia et Total. Co-président de cette Chaire créée en 2008, le professeur Muhammad Yunus apporte son soutien à travers l’organisation internationale "Yunus Social Business". Le mouvement est piloté le Centre de recherche Society & Organizations (SnO) d’HEC Paris et par l’Action Tank Entreprise & Pauvreté.

 

Inventer de nouveaux business modèles

Dans son introduction, Frédéric Dalsace, Professeur associé en marketing à HEC Paris et titulaire de la Chaire, a souligné le rôle central et la responsabilité des entreprises pour conduire le changement vers une économie plus inclusive : "Les entreprises doivent devenir des acteurs politiques". Inégalités grandissantes, chômage structurel, crise des migrants, crises climatiques, autant de problèmes qui semblent irrésolubles mais face auxquels les entreprises devront inventer et expérimenter de nouveaux business models. L'objectif du mouvement est de développer une économie où les entreprises cherchent à optimiser conjointement leur impact social et leur performance économique.

"Serez-vous à la hauteur du challenge ?" a lancé Frédéric Dalsace aux étudiants, chercheurs et dirigeants d'entreprises présents dans la salle. Il s'agit "de construire un nouveau type de capitalisme" a-t-il ajouté faisant écho aux propos de Peter Todd : "nous devons aider les étudiants à savoir comment ils vont changer le monde".


Une coalition d'entreprises pour lutter contre la pauvreté

Partenaire fondateur de la Chaire Social Business/Entreprise et Pauvreté et aujourd'hui du "Movement for Social * Business Impact", le Directeur général de Danone, Emmanuel Faber, a présenté la dynamique internationale, collaborative et ouverte du mouvement. "Nous formons une coalition d'entreprises qui au lieu de rivaliser pour le profit, partagent leur expertise pour lutter contre la pauvreté et créer de l'impact social". Agroalimentaire, énergie, industrie automobile, environnement, restauration: la diversité des partenaires et donc des compétences est fondamentale pour la réussite du mouvement, a indiqué Emmanuel Faber, car elle va faire naître une richesse de solutions.

Ce dernier a également insisté sur le rôle de la recherche académique pour repenser l'économie, poser les bases théoriques du social business et l'enseigner au plus grand nombre. Une réflexion qui commence par une question simple: "Quel est le but de l'économie? Le profit ou la justice sociale", a-t-il conclu sous un tonnerre d'applaudissements.


"L'entrepreneuriat, c'est la solution"

Invité d'honneur de cette conférence, le professeur et entrepreneur social Muhammad Yunus, a livré un vibrant discours sur le besoin d'enrayer la pauvreté et la concentration des richesses. Car selon le Prix Nobel de la Paix, le système continuera à produire et entretenir les inégalités à moins de le transformer en profondeur. Des initiatives comme la Chaire, l'Action Tank et maintenant le "Movement for Social * Business Impact" d'HEC Paris y participent selon lui. Peut-on mettre fin à la concentration des richesses? "C'est à vous d'en décider", a lancé Muhammad Yunus aux très nombreux étudiants venus l'écouter. Parmi les solutions pour y parvenir: l'entrepreneuriat. L'emploi n'est pas la solution, a-t-il asséné. D'une part il participe à l'enrichissement des plus riches, d'autre part il compromet la créativité. "Vous avez l'éducation, la technologie, l'intelligence: ne sacrifiez pas votre capacité créative en devenant employé, créez votre propre business!"
Pour changer ces mentalités, il faudrait selon Muhammad Yunus réformer le système éducatif pour davantage inciter les jeunes à devenir entrepreneurs. Tous entrepreneurs, une utopie? "Non, c'est ce que nous faisons au Bangladesh", notamment avec le système de micro-crédit.

Penser, agir et enseigner

La réforme du système appelée de ses vœux par Muhammad Yunus est en marche depuis 2008 à HEC Paris avec la création de la Chaire Social business / Entreprise et pauvreté mais aussi du centre de recherche interdisciplinaire et d'enseignement Society & Organizations (SnO). "Nous voulons être des agents du changement" a affirmé son fondateur et professeur de stratégie, Rodolphe Durand, identifiant trois niveaux d'action :
-   la société: pour changer les règles du jeu et construire ce nouveau type de capitalisme;
-   les entreprises: pour transformer les organisations;
-   les individus: pour créer les conditions du changement individuel en donnant les capacités à chacun de devenir les entrepreneurs de leurs propres vies

"Nous devons repenser le système en tant que chercheur, agir en tant que manager et apprendre en tant qu'étudiant" a enjoint Rodolphe Durand.

Movement for Social * Business Impact

 
Le "Movement for Social * Business Impact" va permettre d'accélérer les dynamiques enclenchées à HEC a souligné Bénédicte Faivre-Tavignot, co-fondatrice de la Chaire et directrice exécutive du centre SnO.

La force de ce nouvel écosystème est de réunir monde académique, entreprises et société civile autour de principes communs : l'accès aux biens et services de premières nécessités à tous, l'accès au travail ou à l'entrepreneuriat à tous et le partage équitable de la valeur, a-t-elle ajouté.


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