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"Entreprise et Séduction" : une exposition pour redécouvrir la Manufacture Oberkampf et toutes les contradictions de son époque

16 janvier 2018

Franc succès en cette soirée de janvier pour le vernissage de l’exposition « Entreprise et séduction », proposée par l’artiste franco-britannique Sharon Kivland. L’événement, organisé par l’Espace d’art contemporain HEC Paris en partenariat avec le Musée de la Toile de Jouy, a accueilli près de 100 personnes dans les cinq espaces de la galerie, divisée en cinq tableaux denses et minutieux.

Exposition « Entreprise et séduction » par Sharon Kivland - © William Gaye 2018

Exposition « Entreprise et séduction » par Sharon Kivland - © William Gaye 2018

 
Le cœur de l’œuvre est inspiré par plus de 150 ans d’histoire de la Manufacture Oberkampf. Entre 1760 et 1843, elle a en effet produit les célèbres tissus imprimés qui ont fait le renom de Jouy-en-Josas, devenant la plus importante fabrique d’indiennes de coton en Europe. Elle compta plus de 1200 employés en 1821 !

L’exposition mêle ainsi créatures naturalisées (achetées dans des brocantes), peaux d’animaux, meubles, gravures, ainsi qu’un film contextuel de 11 minutes, dans une mise en scène soigneusement conçue par Sharon Kivland. Par ce biais, l’artiste évoque les conditions de travail et les contradictions de l’époque (qui mettent face à face Jean-Jacques Rousseau et Robespierre), ajoutant des liens à peine voilés avec l’entreprise coloniale et ses effets ravageurs sur le monde entier. « Mes œuvres », explique Sharon Kivland, qui est aussi universitaire et spécialiste dans un centre de recherche freudien à Londres,  « traitent des rapports complexes entre désir et consommation en temps de capitalisme, re-conceptualisées comme la capture et la reconfiguration du désir ».

Durant ce vernissage, le public a été séduit par la force des œuvres, agencées de telle sorte qu’elles puissent être à la fois vues sous tous les angles possibles et étudiées dans leurs perspectives historiques et sociologiques. « L’exposition souligne l’hyper-complémentarité entre l’artiste, le chercheur et le professeur. Elle fait référence à l’histoire, grâce à un travail de fond préalable dans les archives du Musée de la Toile de Jouy », explique Anne-Valérie Delval, directrice de l’Espace d’art contemporain HEC, qui célèbre ainsi sa deuxième collaboration avec le Musée de la Toile de Jouy. Une collaboration que la Direction espère renouveler pour attirer à nouveau un public qui mêle étudiants, anciens diplômés d’HEC, amateurs d’art contemporain et journalistes.
 
L’exposition est ouverte jusqu’au mois de mai, sur rendez-vous. Envoyer toute demande à artcontemporain@hec.fr.


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