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« Game of Trone » au restaurant Big Mamma de Station F

20 avril 2018

Les créateurs de toilettes Trone vont inaugurer leurs premières toilettes personnalisées au cœur du campus de start-up Station F, dans le centre de Paris. Huit espaces thématiques seront nichés dans l’un des plus grands restaurants d’Europe, Felicita , qui ouvrira ses portes prochainement, à l’initiative du groupe culinaire Big Mamma. La start-up Trone est née il y a un an, dans le cadre de l’incubateur HEC, et a été portée par ses quatre co-créateurs. Pour ces mousquetaires des sanitaires, cette première série de créations  annonce une « nouvelle ère » pour le design de toilettes dans le monde.

c Trone - ICONE 01

Il y a quatre ans, les toilettes étaient décrites par Rem Koolhaas, commissaire de la Biennale de Venise, comme « la zone fondamentale d’interaction – au niveau le plus intime – entre les humains et l’architecture » . Cette 54e édition de la Biennale avait d’ailleurs élevé les toilettes à ce qu’un critique a appelé une « union corporelle avec la mère de tous les arts » .

L'ancien étudiant d’HEC Hugo Volpei et ses trois compagnons, qui constituent ensemble la start-up Trone, ont décidé de matérialiser cette union dans les locaux de la création la plus récente, et peut-être la plus ambitieuse, de la chaîne de restaurants Big Mamma. A la mi-mai, Felicita  deviendra le septième restaurant de Victor Lugger et Tigrane Seydoux (qui se sont connus à HEC en 2007) dans la capitale française. Le restaurant de 3.000 m² accueillera huit zones distinctes de toilettes, collectivement dénommées ICONE 01, et créées par Trone. Elles porteront des noms intrigants : « Origines » , « Le Sacre » , « Arc-en-ciel »  ou encore « Chalet » .


Une inspiration née dans un restaurant londonien 

« C’est l’occasion idéale pour lancer publiquement notre société »  explique le sémillant dirigeant de l’entreprise, Hugo Volpei, qui a commencé à travailler sur le concept de Trone au mois de mars de l’année dernière, juste avant de finir sa majeure en entrepreneuriat. « Big Mamma a connu un succès phénoménal depuis son arrivée à Paris en 2015. Il y a évidemment un côté symbolique lorsqu’on travaille avec deux anciens étudiants d’HEC au lancement de nos premiers designs de toilettes. Et en plus c’est à l’incubateur d’HEC, à Station F, que nous avons développé notre start-up et l’avons fait aboutir. »

Hugo Volpei a toujours rêvé de mêler l’entrepreneuriat avec son goût pour l’architecture. Ses deux années d’expérience professionnelle, calées entre ses trois années à la Grande Ecole d’HEC, avaient aussi fortifié son intérêt pour le secteur de la restauration. Quand il a rencontré les étudiants en architecture Romain Freychet (par ailleurs un ami d’enfance) et Antoine Prax, ils ont commencé à formuler des idées autour du design de toilettes. « En fait, l’idée m’est venue à Londres »,  poursuit Hugo. « Je suis allé dans un restaurant qui s’appelle Sketch, créé par Kabyl Mourad « Momo » Mazouz, et j’ai été ébloui par les latrines ! Ce restaurant propose des toilettes avec une forme vraiment curieuse, d’énormes nacelles de forme ovoïde qui paraissent sortir directement d’un film de science-fiction ! »

Depuis son ouverture en 2002, les toilettes ont constitué un réel facteur d’attraction pour ce restaurant de luxe situé derrière Picadilly Circus. Cette idée, destinée à rendre hommage à un concept né il y a près de 5.000 ans dans des endroits aussi divers que les Iles Orcades en Ecosse ou les régions qui constituent aujourd’hui le Pakistan, a attiré l’attention de l’étudiant. « L’histoire des toilettes est incroyable ! Et tellement centrale dans nos vies. Des études montrent que dans une durée de vie moyenne, un humain passe près d’un an de sa vie dans cet espace. Malgré cela, nous passons plus de temps à choisir notre canapé ou nos placards, plutôt que ces toilettes que nous utilisons si souvent. Voilà pourquoi j’ai décidé qu’il fallait explorer cette opportunité. »


Les tabous autour des toilettes tombent, même en France

Hugo Volpei a persuadé l’étudiant ingénieur Camille Mourgues de se joindre au trio. Pendant un an ils ont affiné le design, se concentrant sur le réservoir, la cuvette et le siège, ainsi que les murs de clôture et le sol. « L’idée est de rendre cet objet désirable, identifiable et différentiable »,  indique le dossier de presse de la start-up. Avant de poursuivre ainsi : « nous cassons les tabous pour faire des toilettes des objets désirables, un objet qui nous ressemble, un objet que nous voulons acheter et montrer » . Leur approche a suscité l’intérêt de grands entrepreneurs français, comme Julien Callède, co-fondateur de Made.com, car les quatre créateurs veulent transformer cet espace privé au moyen de réservoirs de verre renforcé, de sièges élégants agrémentés de laque, de cuvettes en céramique, ou de sols et murs personnalisés. « Nous nous inspirons de la philosophie Mad Network »,  explique Hugo Volpei, « qui se concentre sur l’ADN du client et cherche à lui fournir une expérience globale » .

Diplômé d’HEC en 2017, il reconnaît que le projet est d’autant plus fascinant qu’il touche de profondes spécificités culturelles et sociétales. « Les toilettes constituent un enjeu récurrent, mêlé avec les tabous et les questions sanitaires qui dominent l’humanité depuis des millénaires » , dit Hugo Volpei. « Nous connaissons le besoin obsessionnel que peuvent avoir les Japonais pour la propreté des toilettes. Les différences à l’intérieur de l’Europe sur ce sujet sont moins connues. Prenons les Hollandais par exemple : ils mettent l’orifice d’évacuation à l’avant, afin de voir s’ils ont une maladie. C’est impensable en France, où nous préférons voir aussi peu que possible. »  

Il semblerait néanmoins que les comportements soient en train d’évoluer. L’entrepreneur rappelle le grand succès du livre de Giulia Enders, « Le charme discret de l’intestin ».  Publié en 2015, le livre de la jeune scientifique allemande a connu un succès mondial, y compris en France : « Trone donne d’abord la priorité aux habitudes françaises, mais nous explorons aussi le marché international pour prendre en compte toutes les cultures. Le travail d’Enders met notamment en lumière l’impact négatif que peut avoir sur le corps une assise avec un angle de 90 degrés, ce qui pourrait avoir une influence sur notre stratégie de création à l’avenir ».

La société propose trois styles de toilettes : des modèles simples et unifiés, des modèles originaux et des modèles sur-mesure, comme celui qui a été commandé par Big Mamma pour leur restaurant à Station F. En 2019, Trone espère développer une deuxième génération qui utilisera l’intelligence artificielle, les technologie digitales et la robotique, ainsi que des sprays d’huile essentielle : « cela facilitera les mécanismes d’auto-nettoyage, avec des caméras intégrées qui identifieront les endroits à nettoyer, et permettra de réduire l’utilisation d’eau. Nos priorités sont la propreté, l’odeur et la durabilité » , conclut Hugo Volpei. Ses toilettes sont aujourd’hui 100% made in France .

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