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Julien Lévy nous présente le nouveau partenariat entre HEC Paris et 42 pour l'entrepreneuriat digital

26 juin 2015

Professeur affilié à HEC Paris en Entrepreneuriat et Innovation, Julien Lévy nous parle des raisons de ce nouveau partenariat, de sa genèse et de ses objectifs.

JulienLévy

HEC Paris vient d'annoncer un partenariat avec l'école 42. Comment est venue l’idée d'un tel partenariat?

Elle résulte de relations personnelles, de logiques institutionnelles, et de l’envie d’innover. Je connais Nicolas Sadirac et Kwame Yamgnane depuis plusieurs années, quand ils dirigeaient Epitech –avec qui nous continuons d’entretenir d’excellentes relations. Nous avons mis en place des échanges au cours desquels nous intégrions des développeurs dans des formations de e-business d’HEC. Quand 42 s’est lancé, nous avons élargi notre collaboration à 42.

Mais nous voulions aller plus loin. Avec Stéphane Madœuf, qui la dirige, nous avons remis à plat la majeure e-business d’HEC en créant deux spécialisations : Digital Transformation d’un côté, pour faire de nos étudiants les acteurs de la transformation numérique des entreprises et Digital Entrepreneur de l’autre.

 Or pour entreprendre dans l’économie numérique on a besoin d’équipes diversifiées et de compétences complémentaires. Nos bonnes relations avec 42 conduisaient naturellement à construire avec eux une spécialisation digital entrepreneur commune, même si l’idée d’un partenariat entre une école créée en 1881 et une autre qui a trois ans a… soulevé des questions.

Mais 42 est une école très agile et HEC est une école innovante qui sait prendre des risques : Eloïc Peyrache, le directeur délégué de l’école d’HEC, a toujours été moteur dans le partenariat.


En quoi les philosophies des deux écoles se rejoignent-elles?

Ce sont deux écoles très différentes : histoire, culture et raison d’être. Mais c’est cette diversité que nous recherchons.

 Les étudiants d’HEC sont eux-mêmes très divers, contrairement à ce qu’on croit souvent de l’extérieur, notamment en raison de la variété des sources de recrutement. Et l’esprit d’entrepreneuriat est devenu très important. Plus de 20% des promos s’orientent vers l’entrepreneuriat, c’est-à-dire qu’elles n’utilisent pas leur diplôme comme un ticket d’entrée dans les « big names », les entreprises prestigieuses, mais se lancent dans la compétition de la création d’entreprise. Le changement d’état d’esprit est impressionnant. 

Les étudiants de 42 sont eux-mêmes très différents des HEC. Un étudiant de 42 m’a dit : « C’est curieux, les étudiants d’HEC doivent toujours réfléchir avant d’agir, alors qu’on nous apprend à faire pour essayer de résoudre un problème » C’est assez vrai quant à la culture des deux écoles et ces deux approches ont chacune du bon ! Du coup, quand nous avons mis ensemble des étudiants d’HEC et de 42, le résultat a été électrique. Et ce sont ces expérimentations et le retour des étudiants qui nous ont convaincu de la nécessité d’un partenariat.


Selon vous, y a-t-il un retard en France concernant l’entrepreneuriat dans le digital?

On le sait, l’environnement économique, législatif et fiscal français n’est pas optimal pour les entrepreneurs. Londres, par exemple, peut s’appuyer sur un environnement plus incitatif.

Mais Paris a toujours été très actif en matière de startups et –de façon très française– l’argent public qui s’y déverse dynamise beaucoup l’écosystème. Il n’est absolument pas nécessaire de partir à l’étranger pour créer des entreprises. Mais HEC a toujours une portée mondiale et nous sommes également heureux, que nos étudiants développent leur activité en France ou à l’étranger.

Aujourd’hui, on a le sentiment qu’un incubateur ou accélérateur se crée en France toutes les semaines –ce qui m’évoque l’atmosphère que nous avions lors de l’éclatement de la bulle en 2000.

Les problèmes sont de moins en moins les structures ou le financement (encore que…) que les bons projets et les bonnes équipes, qui sont la ressource rare. Il se trouve que c’est la partie d’HEC : nous avons des étudiants de grand talent, nous devons créer pour eux le cadre qui leur permettra de lancer leur entreprise avec de bonnes équipes.

 C’est l’objectif de la majeure Digital - Entrepreneur : nous faisons travailler ensemble des HEC, des 42 et des designers pour favoriser l’émergence d’équipes et nous les accompagnons dans le développement de projets jusqu’au business plan et au MVP (minimum viable product). La majeure Digital Entrepreneur HEC-42 ne vise pas à former à l’entrepreneuriat mais à lancer des entreprises.

Comment voyez-vous la collaboration des deux écoles dans 5 ans?

5 ans, c’est du long terme ! HEC et 42 sont toutes les deux très flexibles en matière d’entrepreneuriat digital car une stratégie doit s’adapter aux étudiants et aux besoins du marché. Mais nous avons besoin d’indicateurs (KPI). Notre volonté est ainsi d’être la meilleure source française de projets de startups, pour les accélérateurs ou les capital-risqueurs. Mais le marché n’est pas seulement français, il est européen et international. D’autres chapitres restent à écrire.

 
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