Actualités

La Team Kilowatt veut illuminer la finale du Hult Prize

8 mars 2018

Quatre étudiants d’HEC Paris sont arrivés à Londres le 9 mars dans l’espoir de parvenir à la première place lors de la 10ème  édition du Hult Prize, le plus grand concours d’étudiants pour la création d’entreprises sociales. Du 9 au 11 mars, ils seront confrontés à 55 autres équipes pendant la finale régionale, dont les gagnants accèderont à la phase finale, à New York, en septembre prochain. L’équipe lauréate remportera un prix d’un million de dollars pour financer une start-up destinée à développer ce que les organisateurs du prix appellent « l’idée la plus radicale pour résoudre un des plus difficiles problèmes mondiaux » . La Team Kilowatt d’HEC espère que cette idée pourrait être la leur.

Team Kilowatt Aim to Light up Hult Prize Finals - HEC Paris 2018

Jennifer Lu (du MSc Sustainability & Social Innovation - SASI), Sarim Hassan, Toms Mathew et Paavan Bhargava (tous issus du MBA) ont développé un programme spécifique depuis le 1er  octobre dernier, avec un sous-titre d’une apparente simplicité :  « Changer la façon dont les populations urbaines pauvres cuisinent » . Ce projet a été conçu pour remporter le Hult Prize, considéré comme le Prix Nobel annuel des étudiants. En novembre dernier, la présentation faite par les quatre étudiants sur le campus HEC leur avait permis de participer à l’une des 15 finales régionales organisées dans le monde. La dernière fois qu’HEC Paris a pu concourir dans cette finale régionale à Londres était en 2014 :  la proposition « Bee Healthy », qui voulait aider à diagnostiquer le diabète dans les bidonvilles urbains, avait alors permis à cinq étudiants en Masters de remporter cette finale régionale, d’accéder à un incubateur d’été à Boston et de participer à la finale mondiale six mois plus tard.

Cette année, l’équipe d’étudiants d’HEC continue à travailler sur un environnement de bidonville urbain, avec un projet qui se concentre cette fois sur l’accessibilité financière d’appareils de cuisson propres, les opportunités de travail et d’entrepreneuriat pour les populations pauvres urbaines (notamment les femmes), tout en visant aussi à réduire les déperditions d’énergie, les émissions de CO2, et la pollution de l’air. « Nous avons appelé notre équipe Team Kilowatt et nous avons créé un business model destiné à rendre la cuisine dans les bidonvilles urbains plus efficace d’un point de vue énergétique »,  explique Sarim Hassan. « Peu de gens sont conscients par exemple qu’en Inde, dont je suis originaire, les problèmes de santé les plus courants dans les bidonvilles sont liés aux maladies respiratoires. Près de 90% des gens qui y vivent meurent de ces maladies, dont beaucoup sont liées à l’usage de combustibles solides pour la cuisine ».

Jennifer Lu, ingénieure en environnement, remarque qu’un quart des émissions globales de carbone sont dues à la consommation de combustibles solides : « cela ne m’étonne pas » , ajoute-t-elle, « étant donné qu’environ 3 milliards de personnes utilisent du bois de chauffage et des tourteaux de bouse pour cuisiner la nourriture ».  Selon l’OMS, les émissions liées à la cuisine domestique ont causé près de 1,6 millions de morts prématurées, rien qu’en Inde.

C’est la raison pour laquelle l’équipe a basé son projet pilote dans le bidonville Dharavi de Mumbai, où résident près d’un million de personnes. Troisième plus grand bidonville du monde, Dharavi est un des endroits les plus densément peuplés de la planète. « Notre idée est d’axer le projet sur l’évolutivité, l’innovation et l’impact »  explique Paavan Bhargava. « Nous voulons contribuer à l’éducation des populations pauvres urbaines pour leur expliquer les avantages d’une cuisine réalisée à l’extérieur de la maison, en les encourageant à mettre en place un modèle de partage des bénéfices où chacun puisse être entrepreneur ».

Depuis leur victoire en novembre dernier aux finales locales, la Team Kilowatt affine son discours grâce aux études menées sur le terrain, au mentorat et à des mises en pratique répétées. « Certains d’entre nous sont allés en Inde en décembre pour mieux comprendre encore les réalités du terrain »,  dit Toms Mathew, originaire du Kerala, un état du sud de l’Inde. « Là-bas, nous avons pu rencontrer des fondateurs de start-up comme IKP Eden à Bangalore qui propose des solutions aux plus défavorisés. Cela nous a fait mesurer l’importance du chemin à parcourir » , ajoute Sarim avec modestie.

Les étudiants d’HEC ont recueilli en parallèle les conseils de Robin Bonsey, spécialiste en développement durable et ancien d’HEC, qui travaille au sein du cabinet de conseil Hystra. Parallèlement, Paavan et Jennifer ont pu échanger avec de grandes entreprises du secteur de l’énergie comme Engie, afin de mieux comprendre ce secteur orienté projets. Et pour mieux planifier l’évolution du projet de la Team Kilowatt, Toms a de son côté visité le salon alimentaire Gulfood, à Dubaï, où il a pu acquérir une vision plus large des structures de coûts industrielles et des opportunités possibles.

La préparation pour la finale s’est transformée en une véritable dynamique de groupe. « La communauté des étudiants du MBA et du SASI nous a beaucoup soutenu » , insiste Sarim. « Ils nous ont aidés à améliorer notre présentation à chaque étape. Et nous avons aussi pris contact avec les participants des précédentes éditions du Hult Prize, pour apprendre de leurs expériences ». Les professeurs Michel Safars et Laurence Lehmann Ortega leur ont également apporté des éléments sur l’art de la présentation et des modèles innovants d’entreprise.

« L’équipe d’HEC propose cette année une solution très complète » , observe la directrice exécutive du centre Society & Organizations (SnO), Bénédicte Faivre-Tavignot, qui s’était largement impliquée dans la campagne du Hult Prize en 2014. « La Team Kilowatt propose des solutions pour faire face aux crises sanitaires et environnementales, pour favoriser l’émancipation des femmes, le micro-financement pour les entrepreneurs et leur accès aux marchés. Au-delà de ce prix, je pense que ce projet va vraiment décoller grâce à des partenariats dynamiques avec de grandes entreprises. C’est pourquoi le Centre SnO soutient entièrement cette initiative ».




Retour à la liste d'actualités

JavaScriptSettings