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La quatrième édition d’HEC Seed mêle soutiens-gorge, parfums et technologies vertes

25 juin 2018

Près de 300 personnes ont assisté le 6 juin 2018 à la quatrième édition d’HEC Seed, le forum international d’entrepreneuriat organisé chaque année par et pour les étudiants de l’école. Conçu pour stimuler les jeunes entrepreneurs et les mettre en relation avec des investisseurs et des professionnels, l’événement a eu lieu à Station F, une première pour ce rassemblement ambitieux. L’occasion aussi d’annoncer les gagnants de la 2ème  édition des HEC Innovation Awards, destinés à récompenser les deux meilleures start-up de l’écosystème HEC.

© Unpose – Ciprian Olteanu

« C’était une excellente expérience, une vraie courbe d’apprentissage pour nous. » Le co-organisateur de l’événement dédié aux start-up, Jérémie Zarka, avait presque l’air ébouriffé après avoir supervisé ce rassemblement qui a regroupé, sept heures durant, des étudiants d’HEC Paris avec des représentants d’entreprises à la recherche de nouveaux talents. L’événement a eu lieu tout près du parvis Alan-Turing, un nom particulièrement approprié en raison des débats organisés cette année sur le thème suivant : « L’IA peut-elle aider les start-up à développer un avantage compétitif dans l’environnement business d’aujourd’hui ? » . Mais nous y reviendrons.

Jérémie Zarka et son équipe de six personnes avaient auparavant passé plusieurs mois à coordonner les compétitions de pitches , les discussions de pré-sélection du comité, les deux débats d’experts et, finalement, le cocktail de réseautage informel qui a conclu l’événement. « C’est la première fois que nous organisions cet événement en dehors du campus de Jouy-en-Josas, et nous l’avons condensé en une seule journée. »

« Il y a des avantages et des inconvénients », admet le co-directeur de la promotion 2019 du MBA. « D’un côté, nous avons transféré l’événement au cœur d’un symbole, cet énorme campus de start-up qui s’appelle Station F, et cela a été un vrai avantage pour la centralité et la proximité avec les grandes entreprises. De l’autre, nous avons peut-être perdu l’interactivité des ateliers que le campus d’HEC permettait lors des éditions antérieures. » 

Des soutiens-gorge innovants jusqu’aux parfums à faire soi-même

Cette journée a néanmoins permis tout un ensemble d’activités particulièrement dynamiques, qui ont atteint leur point culminant avec le concours de pitches  qui a opposé dix finalistes dans une compétition en deux étapes. Ceux qui avaient été retenus avaient déjà réussi une première session qui avait permis de sélectionner 60 candidats.

© Unpose – Ciprian Olteanu

La compétition ne se limitait pas à un secteur particulier, et accueillait des start-up à plusieurs étapes de leur développement (love money , pré-amorçage et amorçage). Les thèmes dominants étaient cette fois-ci le transport, le fret, la technologie alimentaire et l’économie verte. Mais il y avait encore plus que cela. Comme par exemple la présentation d’ouverture faite par Claire Chabot : la jeune entrepreneure a décrit avec enthousiasme sa start-up Endeer, qui propose aux femmes des soutiens-gorge sur mesure. « Etes-vous conscients que 80% des soutiens-gorge n’ont pas des dimensions adaptées à la poitrine des femmes ? »  a-t-elle demandé à un public légèrement étonné. « Que 77% des femmes déclarent souffrir d’une armature douloureuse ? Et, ce qui est le plus inquiétant, que 65% des cancers du sein se situent au m ê me endroit que l’armature ? Grâce à un scan en 3D et à un iPhone, nous pouvons créer des soutiens-gorge parfaitement adaptés, qui s’appellent SHAPES. Et éliminer les produits actuels, très invalidants ! Le résultat ? Nous libérons, nous affranchissons la poitrine des femmes ! »

Sillages ouvre la voie aux parfums à faire soi-même

L’idée avait déjà été remarquée, ce qui lui a permis de remporter la compétition Add Fab Pitch Startups  en 2018 et la Fashion Pitch Night  en 2016. Mais à Station F il y avait aussi de l’enthousiasme pour des start-up comme Carbon Karma, une plate-forme qui offre aux consommateurs une variété de projets leur permettant de compenser leurs émissions de carbone. C’était ensuite le tour de Dataswati dans une présentation effectuée par la charismatique Irina Arzumanyan, qui a donné un aperçu des objectifs de son entreprise, axée sur l’IA, et conçue pour optimiser les processus industriels et devenir data-driven . Et des applaudissements chaleureux ont également salué Garantme, une start-up qui cherche à résoudre les difficultés dans les relations entre les propriétaires et les locataires, qui paralysent souvent le secteur de la location en France. Leur solution : créer un système de garants français pour apaiser les craintes et la suspicion des deux côtés.

© Unpose – Ciprian Olteanu

Mais c’est l’initiative du pré-lauréat dénommé Sillages qui a le plus séduit un jury composé d’entrepreneurs, de professeurs et d’investisseurs. « Votre présentation a montré des objectifs clairs et une compréhension aiguë d’un marché en constante augmentation » a dit le membre du jury et professeur affilié à HEC Michel Safars au co-fondateur de Sillages, Maxime Garcia-Janin, en lui remettant le chèque de récompense de 5.000 euros qui accompagne  le prix HEC Seed. « C’est mon moment "Miss France" », a répondu Maxime Garcia-Janin, très ému, admettant que c’était la première récompense qu’il avait jamais reçue. « Nous voulons faire revivre le patrimoine de la haute parfumerie française, en créant des parfums spécifiques pour chaque personne. Vous adaptez votre propre parfum avec l’aide de nos parfumeurs, et nous livrons un produit créatif, équilibré et harmonieux. Et tout cela se fait en ligne, naturellement. »

Le prix HEC Innovation 2018 pour deux start-up qui dynamisent le secteur de la construction

Une autre première pour HEC Seed 2018 était l’attribution en son sein du Prix HEC Innovation 2018. Ce double prix récompense deux jeunes sociétés, distinguées par un jury d’anciens HEC de la Silicon Valley comme les deux meilleures start-up issues des premières étapes de l’écosystème HEC. La directrice exécutive de la Fondation HEC, Sophie Gautié, et sa directrice du développement international, Deborah Aringoli, étaient à Station F pour attribuer le prix à un des deux gagnants. Au même moment, la fondatrice du prix, Aurélia Setton, effectuait une remise de prix à San Francisco pour le deuxième gagnant.

Les lauréats de cette année étaient Data Soluce et Backacia (connu auparavant sous le nom de BatiPhoenix), toutes les deux en lien avec le secteur du bâtiment. Data Soluce avait déjà gagné le prix du pitch d’entrepreneuriat d’HEC l’an dernier pour ses avancées décisives dans l’industrie de la construction, au moyen de la synchronisation de données pour chacun des acteurs de sa chaîne de valeurs. Selon ses co-fondateurs, Nicolas Reigner et Simon Valadou (diplômé du MBA d’HEC en 2017), cela permettra d’optimiser l’usage de ces données pendant toute la durée de vie d’un bâtiment.

Backacia est quant à elle une start-up de technologie verte dédié au recyclage du matériel de construction. « Nous sommes ici pour changer le monde, » a annoncé Kesia Vasconcelos, la jeune co-fondatrice de l’entreprise (avec Lucile Hamon), lorsqu’elle a reçu le prix. « Vous ne le savez peut- ê tre pas, mais les entreprises de construction sont les plus grandes productrices de déchets au monde, » a continué Kesia Vasconcelos, diplômée d’HEC Paris en 2017 avec une spécialisation en entrepreneuriat. « En France seulement, elles sont responsables de 246 tonnes de déchets chaque année ! Nous avons conçu une plate-forme digitale pour transformer cette réalité et donner une nouvelle vie à ce matériel inutilisé. Les déchets de construction d’aujourd’hui deviendront les ressources de demain. »

Les gagnants du prix HEC Innovation 2018 ont reçu 25.000 dollars chacun. Parmi les donateurs, un ancien élève d’HEC, André Haddad, qui était aussi le parrain principal de l’événement. Les gagnants de cette année bénéficieront aussi de prestations de mentoring  de haut niveau, destinées à dynamiser et à encourager ces jeunes entreprises, afin qu’elles développent tout leur potentiel.

Des débats animés sur le secteur bancaire et la fintech

Un peu plus tôt dans la journée, les participants d’HEC Seed ont pu avoir accès à des visions privilégiées de l’IA et de la fintech , grâce des entrepreneurs expérimentés et des spécialistes de ces secteurs. Le fondateur de Netatmo, Fred Potter, a partagé l’engagement de son entreprise en faveur du foyer « intelligent » du futur, visant à rendre les émissions d’énergie plus efficientes, pour lutter contre le changement climatique. Entre temps, une discussion d’experts intitulée « FinTech et banques : amis ou ennemis ? »  a permis à Claire Calmejane, directrice de l’innovation chez Lloyds Banking Group, d’exprimer sa vision, opposée à celle de presque tous les autres intervenants, pour l’essentiel des représentants de l’industrie de la fintech , déplorant l’attitude parfois sceptique de l’industrie bancaire envers la croissance de leur secteur.

Claire Calmejane a néanmoins reconnu les évolutions en cours : « la donne a complètement changé pour nous, » a-t-elle affirmé, « et nous avons basculé vers la banque en ligne. 70% de nos ventes se font de cette manière aujourd’hui ! Alors la seule façon d’avancer est que la fintech et les banques coopèrent. » Le PDG de Qanta, Alexandre Prot, a admis quant à lui que l’attitude des banques envers la fintech a évolué « mais seulement parce que nous sommes devenus plus forts. Nous sommes en train de travailler à des partenariats qui nous feront avancer, » a-t-il conclu. Jean-Baptiste Sciandra, de la plate-forme de financement participatif Lendix, était pour sa part plus critique : « Des représentants des banques venaient nous voir autrefois comme dans un zoo, comme des créatures étranges  avec qui ils ne pourraient jamais travailler. Mais en deux ou trois ans il y a eu des avancées énormes. Le développement de partenariats a enfin démarré. »

Olivier Bossard, directeur exécutif du MSc International Finance d’HEC, a présidé le dernier débat. Deux semaines plus tard, il célébrait avec son équipe le retour à la première place mondiale de ce MSc en finance pré-expérience dans le classement du Financial Times .




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