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Le développement durable arrive à Station F

5 octobre 2018

Plus de 6 000 personnes (activistes, investisseurs, représentants d’entreprises ou de villes, entrepreneurs et spectateurs) ont convergé le 28 et le 29 septembre vers Station F pour le sommet international ChangeNow dédié aux « solutions extensibles pour nos problèmes mondiaux les plus urgents », c’est-à-dire la pollution, l’énergie, l’éducation, la responsabilité sociale et le business. Le hall central du plus grand pôle de start-up au monde a accueilli cet événement de deux jours au cœur de Paris. Les professeurs, anciens étudiants et étudiants actuels d’HEC ont pu partager cet événement de brainstorming.

ChangeNOW Summit - Panel with Magali Delmas

Depuis son ouverture le 29 juin 2017, jamais Station F n’avait accueilli un public aussi nombreux et diversifié que lors de ce deuxième sommet ChangeNow. Parmi les centaines de projets qui attendaient les visiteurs, les stands évoquaient pêle-mêle la mobilité urbaine intelligente, le recrutement de talents féminins, une application web pour gérer des événements en direct, ou encore des tasses écologiques pour les fontaines à eau. Cette initiative privée a rassemblé des milliers de décideurs et d’observateurs issus de plus de 80 pays, afin qu’ils partagent leurs visions de ce que les organisateurs ont appelé « l’intersection entre l’innovation, les affaires et les plus grands défis environnementaux et sociaux du monde » .

« J’adore l’optimisme et la vitalité que l’on trouve ici, qui coexiste avec la gestion de défis qui semblent parfois insurmontables » , avouait ainsi Magali Delmas, professeure invitée à HEC issue de l’Anderson School of Management  d’UCLA et auteure de « The Green Bundle ». Magali Delmas faisait partie des universitaires réputés qui ont été invités sur la scène du grand hall de Station F pour débattre des questions brûlantes liées au développement durable et à l’environnement. Directrice du Centre for Corporate Environmental Performance  d’UCLA, elle venait de participer à un débat intitulé « Vers des business models axés sur l’impact » . « Nous devons nous concentrer sur cinq facteurs – la qualité, le statut, la santé, le coût et l’émotion – pour pousser les produits au-delà du marché de niche et changer finalement la façon dont nous consommons »,  venait-elle de dire devant un public d’une centaine de personnes.

ChangeNOW Summit - Magali Delmas

Construire la résilience en France

Malgré sa jeunesse, Binta Jammeh a dirigé les débats ce jour-là avec assurance. Elle est la COO et cofondatrice de Konexio, une jeune société qui propose des formations au numérique à des populations vulnérables en France, notamment les migrants et les réfugiés. « Nous sommes incubés ici à Station F et nous échangeons avec des établissements d’enseignement, comme HEC Paris »,  a-t-elle précisé après le débat. « On nous a invités à présenter ce mois-ci notre start-up à des étudiants d’HEC, dans l’espoir de créer des passerelles et d’établir un réseau de soutien pour nos étudiants. Ce sommet est une excellente occasion d’apprendre comment on peut avoir un impact grâce à des modèles axés sur la société. »

ChangeNOW Summit - Binta Jammeh

Un large éventail de sujets a été évoqué pendant les deux jours du sommet : « Des solutions sexy pour des problèmes pas sexy » , « Entrepreneurs de la paix » , ou encore « Villes résilientes » . Noémie Fompeyrine, chargée de mission Résilience à la mairie de Paris, faisait partie de ce dernier débat : « Nous avons élaboré une stratégie de résilience ambitieuse à la Mairie de Paris pour que cette ville soit inclusive et favorise la cohésion. Des établissements d’enseignement comme Sciences Po et l’université Paris-Diderot se sont impliqués. HEC Paris a aussi un rôle à jouer pour nous aider à atteindre nos objectifs de développement et de recherche ».  L’ancienne présidente de l’ONG Noise a partagé, comme exemple de son engagement, l’action proposée par la municipalité parisienne pour la création d’un centre de formation sur la résilience.

Il s’agit d’une de 35 initiatives que Noémie Fompeyrine et son équipe ont évoqué dans un rapport en ligne de 128 pages, avec une approche multiforme des défis qui attendent la ville. Le document définit les risques présents à Paris comme l’inondation, les inégalités sociales et la mauvaise gouvernance, et évoque les moyens de contrebalancer les menaces. Plusieurs de ces préoccupations sont partagées par le Centre Society & Organizations d’HEC et ses chercheurs. « Au fil des dix dernières années, notre chaire dédiée à l’entreprise sociale et son partenaire Action Tank ont étudié des business models disruptifs »,  indiquait Bénédicte Faivre-Tavignot, directrice exécutive du Centre S&O. « Ils ont uni leurs forces dans le Movement for Social* Business Impact qui cherche à améliorer la qualité de vie dans les secteurs marginalisés de la population, et à réduire les inégalités sociales. Cet engagement est urgent, comme le démontre ce sommet et les actions récentes du gouvernement français. Toutes les parties intéressées doivent se mobiliser : les acteurs publics et privés, la société civile et les établissements d’enseignement. Il est satisfaisant de constater que le gouvernement nous considère comme un partenaire important à consulter pour les nouvelles politiques concernant la pauvreté et l’économie sociale ».

ChangeNOW Summit - Station F Entrance

The Good Lobby au sommet ChangeNow

Sushil Pakala Reddy est issu des programmes de développement ambitieux de l’école. Diplômé du MSc Sustainability & Social Innovation (SASI) d’HEC, il était à Station F pour rencontrer Frank Manders, cofondateur du 80-Day Race et intervenant lors de la conférence « The nudge and changing habits » . « Je continue à promouvoir mon initiative SunPedal Ride et le concept de mobilité durable »,  expliquait l’ancien étudiant qui vient d’achever un tour d’Islande sur un e-vélo d’IKEA conçu pour la conférence CHARGE Energy. « Frank et moi avons échangé pour savoir si je pourrais me joindre à l’équipe d’ambassadeurs de son propre projet, et il sera intéressant de voir comment nous pouvons développer ce moyen de transport alternatif ».  Basé à Mumbai, l’ingénieur en énergie est maintenant prêt à rencontrer des chercheurs dans la Silicon Valley. Il espère ainsi examiner les possibilités de combiner la technologie de la blockchain et l’énergie alternative, un projet à long terme qu’il étudie pour son mémoire SASI.

Au deuxième jour du sommet, Alberto Alemanno,  professeur à HEC, avait envoyé Andrea Boccuni pour représenter son organisation sociale à but lucratif, The Good Lobby. Ils ont été invités à participer à la table-ronde « Réinventer les services d’intérêt général. »  « Andrea est le directeur des partenariats de l’association »,  a expliqué Alberto Alemanno. « Lors du sommet, il a partagé notre mise en question du statu quo et a également apporté des solutions concrètes qui pourraient être extensibles ».  Alberto Alemanno a passé des années à analyser l’incompatibilité actuelle entre le système économique dominant et « ce dont la société a besoin et ce qu’elle demande ».  Pendant la conférence, Andrea Boccuni a cité Luxleaks en exemple de la façon dont chaque citoyen peut devenir celui qui tire la sonnette d’alarme. « Sa présentation s’appuie sur le livre « Lobbying for Change », qui montre comment l’éducation, la formation et le droit peuvent favoriser le changement »,  a ajouté le professeur titulaire de la chaire Jean-Monnet en droit européen. « Ce sommet a constitué une chambre d’écho idéale pour les initiatives à objectif social, dont certaines font du profit et d’autres, comme The Good Lobby, sont sans but lucratif ».

L’étudiant Vidur Paliwal avait des étoiles dans les yeux tandis qu’il saluait les participants à l’entrée du sommet avec des accréditations, des badges et le programme de 38 pages de l’événement. « Je me suis porté volontaire pour donner un coup de main pendant le sommet ; c’est une excellente façon de d’évaluer les approches du monde entier face aux défis sociaux et environnementaux qui nous attendent ».  Vidur Paliwal est un ingénieur récemment arrivé qui se lance dans un MBA de 16 mois à HEC, après avoir passé trois ans au sein de l’Organisation indienne de recherche spatiale à Thiruvananthapuram. « J’ai travaillé sur le recyclage des batteries au lithium en Inde, et donc j’ai hâte de trouver comment combiner le business avec un impact environnemental positif ».  Dès l’aube, Vidur Paliwal avait pris le premier train partant de Jouy-en-Josas, principalement pour des raisons professionnelles mais aussi, dans ses propres mots, tout simplement pour « connaître les Français un peu mieux » .




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