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"Le secteur des FinTech est devenu un des segments à plus forte croissance du web", Geoffroy Guigou (H.03), co-fondateur de Younited Credit

25 novembre 2015

Dans le cadre du premier forum de recrutement HEC dédié uniquement aux métiers des FinTech, ces sociétés utilisant les nouvelles technologies pour proposer leurs services financiers, le fondateur de Younited Credit (leader du prêt entre particuliers), nous livre son analyse d'un secteur en pleine expansion.

Geoffroy GUIGOU Co-fondateur & Directeur Général de Pret d'Union

Younited Credit (anciennement Prêt d'Union) est le leader du prêt entre particuliers en France et le seul en Europe à bénéficier de l'agrément en tant qu' Etablissement de Crédit par l’Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP). Crée en 2009 par trois diplômés HEC (​Charles Egly & Geoffroy Guigou, H.03, Donald Bryden H.74) Younited Credit a commencé son activité en 2011 et a déjà octroyé 250 millions d'euros de prêts. La startup compte 100 salariés. Prêt d'Union a annoncé en juillet 2015 une levée de fonds de 31 millions d'euros auprès d'investisseurs dont Eurazeo et est en train d'étendre son activité en Europe.   

Doit-on considérer les FinTech comme une révolution, remettant en cause les services financiers traditionnels, ou plutôt comme le signe de la transformation digitale du secteur ?
 
A première vue, les FinTech sont une révolution par l’ampleur de la menace que ces nouveaux entrants représentent pour les banques. McKinsey estime que 20% à 60% du résultat net des banques de détail, sur leurs 5 principales lignes de métier, sera capturé d’ici à 2025 par les Fintech (Global banking annual review 2015), c’est gigantesque ! D’autant qu’il y a quelques années encore, aucun analyste sectoriel ne prétendait que ces acteurs ne dépasseraient les 2 à 5% de parts de marché… Il est amusant de noter que quand nous avons créé Prêt d’Union en octobre 2009, le terme même de FinTech n’existait pas encore aux Etats-Unis. En Europe, cela fait seulement 18-24 mois qu’il est devenu un nom commun.
 
Mais, plus que dans n’importe quel autre secteur d’activité faisant face à la transformation digitale, les nouveaux entrants du secteur bancaire ont besoin de s’allier aux acteurs traditionnels. Pourquoi ? Tout simplement car nous sommes dans un secteur réglementé, et il faut des agréments ou des licences bancaires pour pouvoir opérer sur de nombreux marchés. Chez Younited Credit, nous avons fait le choix unique en Europe d’obtenir notre propre agrément d’Etablissement de crédit (cela faisait 15 ans en France qu’une start-up n’avait pas obtenu cet agrément), donc sur ce volet là nous n’avons pas eu besoin de partenaire bancaire contrairement à l’immense majorité des FinTech. Néanmoins, nous avons noué de nombreux partenariats avec des acteurs traditionnels : Crédit Mutuel Arkéa est de loin le plus important dans l’actionnariat ; mais Generali distribue aussi nos produits de placement via son réseau de Conseillers en gestion de patrimoine, AG2R La Mondiale est un partenaire financier, la Banque Postale assure certaines de nos lignes de crédit, le produit d’assurance emprunteur que nous distribuons est opéré par Metlife (une des premières mutuelles américaine) etc.
 
On peut donc aussi dire que les FinTech sont un des éléments de la transformation digitale des banques.
 
Quelles sont les perspectives économiques pour le secteur des FinTech et les opportunités en terme de carrière ?
 
Le secteur des FinTech est devenu un des segments à plus forte croissance du web, car le secteur bancaire est un des derniers domaines qui n’a pas encore été radicalement transformé par internet. D’après le magazine Forbes, les investissements de venture capital dans les Fintech sont ainsi passés de 3 Milliards$ en 2013 à 12 Milliards$ en 2014.
 
Par conséquent, les opportunités de carrière sont multiples, tant en France et à l’étranger. Au Royaume-Uni, le premier Ministre Cameron s’est engagé cet été à aider les FinTech à créer pas moins de 100 000 emplois dans les 3 prochains années. Concernant Prêt d’Union, start-up qui compte le plus grand nombre de collaborateurs dans les FinTech en France, l’effectif est passé de 7 à 100 collaborateurs en moins de 4 ans.
 
Pouvez-vous nous décrire votre parcours et les raisons qui vous ont poussées à vous lancer dans l'entrepreneuriat, et en particulier dans le secteur du crowdfunding de prêts entre particuliers ?
 
Lorsque Charles & moi avons créé Prêt d’Union en octobre 2009 (devenu ensuite Younited Credit), très rapidement rejoints par Thomas Beylot, nous avions 30 ans et avions travaillé 7 ans (McKinsey puis Poweo-Direct énergie me concernant, et BNP Paribas en Banque privée/Asset Management/Structuration de dérivés de crédit concernant Charles) depuis notre sortie d’HEC en 2003. Donald Bryden, Président du Conseil de surveillance, a dirigé de nombreux établissements bancaires, et était notamment responsable mondial du Corporate Finance et Membre du Comité Exécutif de Royal Bank of Scotland Global Banking & Markets.
 
Ce qui nous a poussé à entreprendre ? D’abord le gout du challenge ! c’est très excitant et stimulant de partir d’une feuille blanche, surtout quand il s’agit de défier les dinosaures que sont les banques. Vivre une aventure humaine exaltante et aussi un des ressorts de entrepreneuriat : on tisse des liens extrêmement forts entre associés bien sûr, mais aussi avec tous nos collaborateurs (100 à ce jour), ainsi qu’avec nos partenaires financiers et actionnaires. Je crois que notre plus grande satisfaction est de voir des anciens salariés de Prêt d’Union monter leur propre entreprise ensuite !
 
Vous venez d'annoncer une levée de fonds de 31 millions d’euros. Quels sont vos axes de développement ? Le marché européen est-il prêt à accueillir un Lending Club ?
Nous avons effectivement annoncé cet été une levée de fonds de 31 M€, souscrite par nos actionnaires historiques, ainsi que 2 nouveaux actionnaires : Pierre Kosciuzko-Morizet, et Eurazeo. Ce nouveau tour de table va nous permettre de développer notre modèle à l’international : nous nous lancerons en mars en Italie, et l’Espagne suivra ensuite. Prêt d’Union va ainsi devenir la première plateforme pan-européenne de prêt personnel aux particuliers.
 
Il est certain qu’il y aura un "Lending Club" européen, et notre agrément bancaire (nous sommes la seule plateforme européenne à en disposer) nous met bien sûr en excellente position pour le devenir !





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