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"Les nouvelles technologies dynamisent les rapports entre les grandes écoles du plateau de Saclay"

12 décembre 2016

Sensibiliser les étudiants d’HEC Paris, de Polytechnique et de Centrale Supélec aux grands enjeux technologiques du monde de demain : tel était l’objectif posé ce samedi 5 décembre par les tribunes étudiantes organisatrices qui voyaient la « Grande Journée de Débats » comme un événement fédérateur autour d’un thème « au cœur de la société d’aujourd’hui ».

Vivre à l'heure des nouvelles technologies - Conférence Ecole polytechnique - HEC Paris 2016

Nathalie Kosciusko-Morizet n’y est pas allée de main morte : « Si le politicien continue à penser que son rôle est toujours (de proposer) plus de politique et des mesures pour innover, alors, il est à côté de la plaque ! » nous glisse l’ancienne ministre à la sortie de l’amphithéâtre Poincaré du campus de l’Ecole polytechnique. Elle poursuit: « Il me semble que c’est le patron de Google qui disait : ‘On ne dit pas à quelqu’un : « Vas innover ! » On le laisse innover. Eh bien, qu’on laisse les étudiants innover, c’est pour moi l’enjeu essentiel aujourd’hui. »

L’ancienne chargée de la Prospective et du Développement de l’Économie numérique fait suite à son intervention matinale sur le thème « Transition énergétique et numérique: Quel rôle pour les responsables politiques ? » Sa conférence ouvre une longue journée de débats autour de la thématique des nouvelles technologies qui, selon les organisateurs, « bousculent notre quotidien » et nous obligent à trouver « des moyens, à chacun de les appréhender et d’en bénéficier ». Des intervenants de marque sont invités à partager leur savoir sur le numérique dans huit domaines aussi variés que la santé, l’éducation, les médias et la recherche.


Réunir les écoles

« C’est un sujet dont on parle beaucoup mais dont on sait peu de choses, » nous explique Vincent Fox, co-organisateur de cette première Grande Journée de Débats réunissant les étudiants des trois grandes écoles du Plateau de Saclay. « Cette révolution numérique remet en question des métiers comme le journalisme, » renchérit une deuxième co-organisatrice, Dina El Wataf d’HEC Débats, qui s’est occupée de la table-ronde « L’information et les médias ». « Les blogs, les vidéos amateurs, tout cela obligent les médias à sortir des schémas habituels, » elle remarque. « C’est pourquoi nous avons invité des acteurs comme Laurent Mauriac de Rue89 et Aurore Domont de MEDIA.Figaro pour partager leurs vécus face à ce bouleversement. »

Nicolas Proust, ingénieur en deuxième année à Centrale, et co-organisateur de l’événement, insiste sur la polyvalence du milieu: « C’est important de montrer que les étudiants ont un vrai rôle à jouer dans ce secteur qui mélange l’ingénierie, la gestion et le commercial. Nos écoles commencent à travailler ensemble et, nous voulons donner une dynamique aux futurs étudiants qui intègreront ce pôle d’excellence sur le Plateau. »

Mohamed, étudiant sénégalais en deuxième année d’économie-physique à Polytechnique, voit un rapprochement entre les débats du jour et ses études: « La nouvelle technologie est au cœur de ma discipline car elle nous aide à modéliser l’informatique et à appliquer les flux de statistiques à la finance et l’économie. » A ses côtés, Morgane, venue spécialement l’Institut Mines-Télécoms à Paris pour approfondir ses connaissances du numérique dans les médias se réjouit de la qualité des débats : « C’est important de voir le panorama du monde actuel qui bouge, qui se transforme. Regardez comment on utilise le numérique pour soigner des maladies rares ou bien pour créer des Mooc dans l’éducation en ligne. »


Rester agile et audacieux

Venu pour représenter HEC Paris aux côtés des autres directeurs généraux, Peter Todd a insisté sur la place que doivent occuper les grandes écoles françaises dans le paysage universitaire mondial : « Ce n’est pas suffisant d’être les meilleurs en France. Ce monde bouge, avec de nouveaux acteurs, et il faut s’adapter aux nouvelles habitudes des clients et des étudiants. J’ai lu dans une étude que « l’attention span » - la capacité de concentration - aujourd’hui ne dure que 8 secondes ! Notre enseignement doit prendre en compte ces réalités. A HEC, nous prenons plus de risques, nous tentons de répondre aux évolutions rapides du monde pour nous différencier. Et jouer sur notre force de recherche car nous sommes parmi les meilleurs du monde dans le domaine de la numérisation ! »

Le directeur général de Central Supélec, Hervé Blausser, applaudit « l’audace » des étudiants organisateurs : « Il faut encourager ces initiatives qui affichent un désir de changer le monde ! » nous confie-t-il. « Ce sont les étudiants eux-mêmes qui doivent trouver des solutions, déconstruire les problèmes dans un monde plus complexe et incertain. Nous vivons une période fascinante où la liberté de pensée est beaucoup plus répandue qu’à notre époque. (Ainsi), les trois écoles réunies deviennent des acteurs économiques et des citoyens dynamiques pour préparer l’avenir. »


Plus d’ingénieurs dans les cercles politiques

A ses côtés, le directeur de l’enseignement et de la recherche à Polytechnique, Frank Pacard, renchérit : « La nouvelle génération est beaucoup plus entreprenante que la nôtre : la société a changé et elle bouge plus vite. Les étudiants ne nous attendent pas, ils comprennent cette nouvelle logique et la rapidité du changement parce qu’ils vivent avec. » Il lance un appel : « Les enjeux scientifiques sont délicats, les technologies complexes. On l'a vu avec les dangers des nanotechnologies. Or, il n’y a pas assez d’ingénieurs dans les hautes sphères de la politique. Il faut que ces diplômés soient intégrés comme conseillers techniques pour de telles décisions. »

Quant à elle, Nathalie Kosciusko-Morizet est convaincue que ce n’est qu’une question de temps. L’ancienne élève de Polytechnique se souvient d’un tout autre rapport entre les établissements. « Nous avions assez peu de connexions entre les écoles, à l’exception de quelques soirées mémorables, mais pas forcément d’un grand contenu intellectuel. » Et elle poursuit : «  C’est intéressant de pouvoir bénéficier de cette richesse conjuguée de ces écoles de cultures très différente. J’ai l’impression que l’on a fortement progressé pour pouvoir tirer le meilleur parti de la proximité des différentes institutions au service des élèves.»
 


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