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Barack Obama et Emmanuel Macron, personnalités économiques de l’année 2016

2 décembre 2016

Pour cette dernière livraison de l'année du Baro-éco Viavoice pour HEC Paris, BFM Business, L’Express-L’Expansion et Le Monde, nous avons interrogé les cadres sur les personnalités qui ont marqué l’économie en 2016. L'un va  quitter ses fonctions après deux mandats à la tête des Etats-Unis, l'autre se lance dans la présidentielle française de 2017. Du côté du moral des cadres et à quelques mois de la fin du quinquennat de François Hollande, l'inversion de la courbe du chômage tant attendue n’apparaît pas si franche ce qui peine à réellement redresser les perspectives collectives et personnelles. Terrorisme, conflit syrien, Brexit, élections américaine: autant d'événements de l'année qui font peser un climat d'incertitude sur l'économie française.

 

Quelles personnalités auront marqué l’économie en 2016, selon les cadres français ? Deux personnalités ressortent largement. En France, c’est Emmanuel Macron, cité spontanément par 62 % des cadres loin devant François Hollande (28 %) ou Manuel Valls (21 %). L’ancien ministre de l’économie ressort tout autant pour son positionnement iconoclaste et ses prises de proposition pour l’avenir que pour la mise en application de la « loi Macron » dans dans de nombreuses entreprises cette année.

Au niveau international, c’est Barack Obama qui est considéré comme la personnalité ayant eu le plus d’influence sur l’économie en 2016 pour 41 % des cadres, devant Angela Merkel (28 %) et Christine Lagarde (16 %). Le Président américain sortant aura réussi son pari de retrouver la croissance et le quasi plein-emploi, en dépit de fractures sociales (et sociétales) insuffisamment prises en compte et mises à jour lors de la dernière campagne présidentielle américaine. Un enseignement majeur à l’aube d’une année 2017 pleine d’incertitudes, pour les cadres comme pour les entreprises.


Des incertitudes économiques, sur le plan collectif comme personnel

Si globalement le chômage devrait baisser sur l’ensemble de l’année 2016 en France, la fameuse « inversion de la courbe » tant attendue n’apparaît pas si franche, et les chiffres du chômage continuent de se contredire d’un mois à l’autre.

Dans ce contexte, les cadres se montrent certes plus optimistes qu’avant, mais cette amélioration est toute relative : 44 % d’entre eux pensent toujours que le chômage augmentera dans les mois à venir (en baisse de 14 points), contre 20 % pariant à l’inverse sur une baisse significative du nombre de demandeurs d’emploi.

 

Concernant leurs perspectives personnelles, le constat est similaire : 30 % des cadres pensent que leur situation financière va se dégrader à court terme, mais ce chiffre est en repli de 5 points. Et ils sont 21 % à anticiper plutôt une amélioration. Au final, le moral des cadres remonte à -25 ce mois-ci, retrouvant son niveau de septembre dernier. Dans une perspective annuelle, on observe d’ailleurs une grande fluctuation de l’indice, en lien avec une année 2016 très mouvante pour les entreprises, et finalement décevante après une forte activité au premier trimestre.

Une situation liée aux fragilités de l’économie française, mais pas uniquement : un certains nombres d’évènements internationaux ont encouragé les acteurs économiques à un comportement plus attentiste qu’on aurait pu l’envisager en début d’année.


Des incertitudes liées au terrorisme en France et aux conflits dans le monde

Parmi les évènements ayant le plus marqué l’économie en 2016, les attentats et le terrorisme ressortent ainsi en priorité parmi les citations des cadres (44 %). Un impact pouvant se mesurer à bien des niveaux :
- Sur le plan psychologique, d’abord, pour leur aspect traumatisant pour la population, c’est-à-dire tout tant pour les consommateurs que les salariés et les décideurs ;
- Mais aussi pour leur impact direct sur un grand nombre de secteurs, tourisme en tête. Surtout, les attentats en France auront été accompagnés d’une actualité internationale également anxiogène (et incertaine) pour les acteurs économiques : conflits au-Moyen-Orient,migrations et montées des « populismes », tensions entre grandes puissances…

Au final, ces crises géopolitiques sont citées par 28 % des cadres parmi les évènements ayant le plus marqué l’économie, au même niveau que le « Brexit ».
Des incertitudes géopolitiques majeures sur le (très) court terme : négociations pour le Brexit et impact des élections américaines

En outre, deux autres incertitudes majeures pourraient avoir un impact à court terme sur l’économie française et mondiale :
- Le Brexit (28 %) et plus globalement l’évolution de l’Union européenne, mise en difficulté par plusieurs crises systémiques : politiques monétaire et budgétaire après la crise de l’euro, évolution de la stratégie commerciale face aux difficultés à conclure des accords commerciaux (CETA ou TAFTA), avenir de l’espace Schengen, etc.

- Les incertitudes politiques, en France comme aux Etats-Unis (14 % de citations). L’élection de Donald Trump en particulier pourrait modifier de nombreux dossiers intéressants les entreprises : la politique environnementale des Etats-Unis et l’avenir de la COP 21, mais surtout la politique commerciale des Etats-Unis dans les années à venir compte tenu de la vision protectionniste du prochain Président américain.

Enfin, ces incertitudes s’ajoutent à d’autres, plus globales :
- L’évolution du marché de l’énergie (10 % de citations de la part des cadres) : si les prix bas ont encouragé certaines industries en 2016, elles ont également eu un impact négatif sur certains investissements comme sur l’économie des pays exportateurs ;
- L’activité des pays émergents, « BRIC » en tête (Brésil, Russie, Inde, Chine), dont les niveaux de croissance se sont nettement ralentis cette année ;
- L’évolution des « dossiers » iranien, cubain, russe suite à l’élection de Donal Trump.

Des échéances apparaissant comme autant d’incertitudes sur le très court terme, c’est-à-dire d’ici début 2017 pour les négociations sur le Brexit, l’entrée en fonction de Donald Trump et l’élection présidentielle en France. Une situation qui pourrait encourager de nombreuses entreprises à davantage d’attentisme, en France comme dans le monde.

François Miquet-Marty Aurélien Preud’homme
Président Directeur d’études


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