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Des perceptions économiques en demi-teinte pour 2018

29 janvier 2018

L’indice du moral des décideurs enregistre une baisse de 5 points depuis novembre, pénalisé par une dégradation des perspectives financières personnelles. S’il reste élevé par rapport  à son niveau d’il y a un an, l’indice  du moral des décideurs enregistre une baisse de 5 points, à -16, dans la première livraison 2018 du baromètre des décideurs Viavoice pour HEC Paris, Le Figaro et BFM Business.

Loin des certitudes uniquement positives
Des perceptions économiques en demi-teinte pour 2018
L’indice  du moral des décideurs enregistre une baisse de 5 points  depuis novembre, pénalisé par
une dégradation des perspectives financières personnelles
S’il reste élevé par rapport  à son niveau d’il y a un an, l’indice  du moral des décideurs
enregistre une baisse de 5 points en ce début d’année, à -16.
Concrètement,  cette  baisse limitée  s’explique  essentiellement par une détérioration  des
perspectives financières personnelles :
-  Les décideurs ne sont plus que 20 % à penser que leur situation financière s’améliorera dans
les mois qui viennent (en baisse de 8 points depuis novembre), contre 37 % qui anticipent une
détérioration  de leurs finances personnelles.
-  Parmi l’ensemble  de  la population  française, les anticipations  sont  plus pessimistes
encore, puisque 46 % des Français pensent que leurs finances se dégraderont  dans les mois à venir,
contre seulement 15 % qui s’attendent à une amélioration.
Des perceptions qui pourront étonner du côté des pouvoirs publics, alors que la baisse des
cotisations  salariales à compter  du  1er  janvier  2018  vise précisément  à redonner  du pouvoir
d’achat aux ménages, en attendant la suppression partielle de la taxe d’habitation avec un premier
dégrèvement de 30 % cette année.
Il est vrai que cette baisse des cotisations entrera en vigueur progressivement sur l’année
2018 et ne sera visible sur les bulletins de salaire qu’à  la fin du mois, alors que d’autres
mesures sont déjà perceptibles, telles que la hausse du prix du gazole. Il est vrai, aussi, que la
baisse des cotisations ne concernera que les salariés du privé et les indépendants.
Enfin, la hausse concomitante  de la CSG, pénalisante notamment  pour  les retraités,  ou encore la
réforme de la fiscalité du capital (flat tax) peuvent contribuer  à un manque de visibilité sur
l’impact global des mesures fiscales.
Emploi, opportunités professionnelles et motivation : des perspectives moins optimistes
en ce début d'année
Mais les perspectives concernant le pouvoir  d'achat ne sont pas les seules à enregistrer une
baisse en ce début d'année :
-  La motivation au sein des entreprises décroît légèrement : 41 % des décideurs trouvent leurs
collaborateurs actuellement « motivés », en baisse de 3 points en deux mois. Et ce chiffre est plus
faible encore auprès de l’ensemble des actifs (31 %).
-  Les opportunités  professionnelles sont également en baisse : seuls 18 % des décideurs
les considèrent actuellement comme « importantes » (-3), tout comme 18 % des actifs.
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Synthèse des enseignements (2/2)
François Miquet-Marty                    Aurélien Preud’homme
Président                                Directeur d’études
Enfin, sur le front de l’emploi,  on remarque un clivage entre les perceptions des décideurs,
plus optimistes – 33 % parient sur une baisse du chômage pour les prochains mois, et 19 % pour  une
baisse durable  tout  au long  de l’année  – et celles du reste de la population, puisque seuls 24
% des Français s’attendent à une baisse du chômage dans les prochains mois et 14 % à une baisse
durable en 2018.
Ouverture des droits  au chômage aux salariés démissionnaires et aux indépendants, contrôles
renforcés pour les chômeurs : des réformes attendues pour 2018
Concernant l’action  gouvernementale,  les décideurs comme le grand public se montrent très
largement favorables à de nouveaux droits pour les actifs :
-  La volonté d’accorder un droit  à l'assurance chômage aux salariés démissionnaires (qui
présentent un projet professionnel) est très largement saluée par 67 % des Français et même par 75
% des décideurs.
-  L’indemnisation des auto-entrepreneurs dépendants économiquement  des plateformes numériques
(Uber, Deliveroo...) en cas de perte de contrat est une mesure attendue par
58 % des décideurs comme 58 % du grand public.
-  Dans ce contexte d’un élargissement des droits sociaux à de nouveaux profils d’actifs,  le
renforcement  du contrôle  des chômeurs ne choque pas : 72 % des décideurs y sont favorables, de
même que 69 % du grand public.
Des opinions prudentes, en attendant de mesurer pleinement l’impact de la reprise et des réformes
actuelles ou à venir
Pour autant, au-delà de ces mesures populaires, l’opinion  publique ne voit pas au sein des
réformes structurelles annoncées la solution à tous les maux. Considérées dans leur ensemble, ces
réformes (formation professionnelle, apprentissage et assurance chômage notamment) sont considérées
par seulement 40 % des décideurs et 39 % du grand public comme de nature à « accélérer la création
d’emplois ». Et elles ne sont perçues comme permettant  de « donner davantage de débouchés
professionnels aux jeunes » uniquement par 47 % des décideurs et 48 % du grand public.
Des opinions en demi-teintes pour 2018 donc, en dépit  d’une  amélioration de nombreux indicateurs
économiques  ces derniers mois, au premier  rang desquels la croissance et l’emploi.
Ces  résultats  révèlent  surtout  que  si  la  France  sort  progressivement  d’une   crise
économique  et  financière  qui  aura  duré  près  de  dix  ans,  de  nombreux  acteurs
économiques  (décideurs,  salariés, ménages…)  attendent  encore  d’en  mesurer l’impact
réel, que ce soit sur leur bulletin de salaire ou dans leur entreprise.


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