Publications

Le moral des décideurs en retrait après la forte hausse enregistrée en mai

27 septembre 2017

L’indice synthétique du moral des cadres ne poursuit pas son rebond spectaculaire du printemps dernier, consécutif à la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle : à – 17, celui-ci enregistre en effet une baisse de 8 points significative d’une certaine anxiété parmi les décideurs, même si leurs perspectives restent meilleures qu’au début de l’année 2017. Par ailleurs, la moitié des cadres français (50 %) pensent que les réformes actuelles sont de nature à relancer l’activité.

Télécharger le baromètre - Viavoice - HEC Paris

Les perspectives tant macro-économiques que personnelles des cadres enregistrent une baisse en septembre

S’agit-il d’une réelle décrue ou d’une simple « correction » après une « bulle » d’optimisme enregistrée après l’élection présidentielle ?Le fait est que les cadres se montrent moins optimistes en cette rentrée qu’ils ne l’étaient en mai dernier, tant sur le plan macro-économique que personnel :

  • Ainsi 32 % d’entre eux pensent que le niveau de vie en France se dégradera d’ici un an, en hausse de 9 points, contre 29 % qu’il s’améliorera (-8) ;
  • Ils sont également 35 % à prévoir une hausse du nombre de demandeurs d’emplois dans les mois à venir, en hausse de 5 points, contre 27 % anticipant une baisse (-4) ;
  • Enfin sur un plan plus personnel 35 % d’entre eux pensent que leur situation financière va se dégrader, là encore en hausse de 10 points.

Premier élément d’explication : la fin de « l’état de grâce » économique ?

Si ces chiffres sont moins bon qu’en mai dernier, ils sont toutefois à relativiser sur une perspective longue : que ce soit en termes de niveaux de vie ou d’emploi notamment, les cadres restent bien plus optimistes qu’au début de l’année 2017, et à -17 l’indice du moral des cadres reste à l’un de ses plus hauts niveaux depuis 10 ans.Enfin, une telle « correction » quelque mois après une élection présidentielle n’est en rien nouvelle : en septembre 2007, notre indice avait déjà perdu 10 points, comme il avait perdu 10 points en septembre 2012.Si l’on se fie à ces précédents historiques, on remarque donc que la « correction » actuelle est comparable à celles qui avaient été enregistrées aux débuts des quinquennats de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande.

Second élément d’explication : des priorités différentes de la majorité

L’autre élément d’explication peut s’interpréter comme une certaine « impatience » des décideurs face à des promesses de campagne qui ne seront mises en place que progressivement au cours des mois et des années à venir.Interrogés sur les priorités économiques au cours des prochains mois, on remarque ainsi que les cadres privilégient les baisses d’impôts et la baisse des dépenses publiques, deux politiques dont la mise en oeuvre sera échelonnée tout au long du quinquennat :

  • Ainsi 49 % des cadres citent comme priorité la baisse de la fiscalité des ménages,notamment via la baisse des cotisations et la suppression de la taxe d’habitation. Deux réformes qui ont bien été annoncées, mais dont la mise en place sera étalée sur l’année 2018 pour la première, et jusqu’en 2020 pour la seconde.
  • Seconde priorité affichée par les cadres : les mesures d’économie visant à diminuer la dépense publique, citées par 43 % d’entre eux. Sur ce point, le gouvernement a certes tenu à respecter dès cette année l’engagement de la France envers la Commission européenne de ne pas dépasser 3 % de déficits, mais peu d’annonces ont encore été faites pour diminuer sur le plus long terme les dépenses « structurelles », même si beaucoup a déjà été fait depuis une dizaine d’années.
  •  Enfin la troisième priorité des cadres est la baisse de l’impôt sur les sociétés, cité par 37 %. Là encore, la mesure entrera progressivement en application tout au long du quinquennat pour atteindre un taux de 25 % en 2022 (contre 33 % aujourd’hui).

À l’inverse, certaines mesures qui rentreront rapidement en application sont moins une priorité pour les cadres : c’est le cas des réformes structurelles (code du travail, retraites, formation ou assurance-chômage) mais surtout d’autres mesures fiscales comme la réforme de l’ISF (considérée comme une priorité par seulement 5 % d’entre eux) ou la « flat tax » sur les revenus de l’épargne (7 %).

À l’international, l’action du Président de la République soutenue par les deux tiers des décideurs

Sur le plan diplomatique, le soutien des cadres français à l’action d’Emmanuel Macron est plus nette, puisque 64 % d’entre eux pensent qu’elle permettra à la France de « jouer un rôle important sur la scène internationale ». Les décideurs sont par ailleurs 53 % à citer le Président de la République comme le plus crédible, parmi seshomologues, pour améliorer l’image de son pays dans le monde.La récente attribution des JO 2024 à la Ville de Paris, entre autres, ne pourra que conforter ce sentiment que la France « is back ». 

Télécharger le baromètre Viavoice - HEC Paris


Retour à la liste d'actualités

JavaScriptSettings