Publications

Les décideurs rassurés sur le plan économique… mais inquiets sur le plan environnemental et climatique

30 novembre 2017

La confiance revient ! Après une décrue en septembre, marqué par une rentrée sociale en demi-teinte, le moral des décideurs repart à la hausse en cette fin d’année sur la plupart de nos indicateurs conjoncturels : niveau de vie, emploi, situation financière personnelle… sur tous ces enjeux, les cadres sont plus optimistes pour les mois à venir qu’ils ne l’étaient à la rentrée.

Pour autant, derrière cette amélioration du moral économique se cachent d’autres inquiétudes ; car si la France semble chaque jour un peu plus sortir d’une crise économique et sociale majeure, la crise environnementale est encore loin d’être derrière nous.

Télécharger le baromètre Viavoice - HEC Paris - BFM

Les réformes améliorent déjà la confiance des décideurs

Les doutes de la rentrée sont déjà oubliés : à -11, l’indice synthétique du moral des cadres revient quasiment à son niveau record (sur 10 ans) atteint au lendemain de l’élection présidentielle (-9).

Ce regain de confiance se mesure sur les grands indicateurs macro-économiques :

  • En matière de pouvoir d’achat et de niveau de vie, 34 % des cadres pensent que celui-ci s’améliorera d’ici un an, en hausse de 5 points depuis septembre ;
  • En matière d’emploi, un même optimisme est mesuré avec 35 % des cadres anticipant une baisse du chômage pour les mois à venir (+8 points), contre à peine 28 % anticipant une hausse des demandeurs d’emploi.

Enfin, concernant leurs perspectives personnelles, 28 % des cadres s’attendent à une amélioration de leur situation financière, en hausse de 7 points.

Réformes fiscales (CSG, taxe d’habitation, ISF, flat tax ), réforme du code du travail, mais aussi réformes annoncées sur la formation professionnelle, l’assurance chômage, le logement… Si leur impact économique réel ne peut encore être mesuré précisément, ces réformes engagées par l’exécutif semblent ainsi déjà porter leurs fruits pour améliorer la confiance.

 Dans ce contexte, les inquiétudes actuelles sont plus géopolitiques que politiques : les prochaines décisions de l’administration Trump (sur la fiscalité des entreprises, le commerce…), les négociations sur le Brexit, les orientations européennes et les multiples crises au Moyen-Orient restent ainsi des sources d’inquiétude (et d’incertitudes) réelles pour les décideurs.

Après la COP 23 : ni la diplomatie ni les entreprises ne tiennent leurs promesses en matière d’environnement, selon les cadres…

Le constat est sans appel : après la COP 23 de Bonn, 80 % des cadres pensent que l’action internationale en faveur du climat ne tient pas ses promesses depuis la COP 21 de Paris en 2015. Seuls 8 % sont d’un avis contraire.

À qui la faute ? Sur cette question les avis sont moins tranchés. Car si les Etats et les gouvernements ne sont pas perçus comme suffisamment moteurs sur le plan diplomatique, l’action des entreprises est également jugée insuffisante :

  • Seuls 33 % des cadres pensent que leur propre entreprise prend suffisamment en compte au quotidien son impact environnemental et le développement durable. Et ils sont 59 % à l’inverse à penser que leur entreprise n’agit pas suffisamment.*
  • Les trois quarts des cadres (76 %) pensent également que pour la plupart des entreprises le développement durable a davantage été utilisé ces dernières années pour la communication ou le marketing que pour des « actions concrètes ».

 … En dépit d’opportunités économiques réelles

Et pourtant – contrairement à ce que pourrait laisser penser le retrait des Etats-Unis de Donald Trump et les retards accumulés par de nombreux pays pour diminuer leurs émissions – les opportunités économiques existent pour faire avancer ces enjeux environnementaux : pour une très large majorité de cadres (73 %), les mesures en faveur de l’environnement ne constituent pas un frein à la croissance, et pour 63 % d’entre eux il s’agit même d’une opportunité pour les entreprises françaises.

Faire de l’économie un allié pour la planète plutôt qu’un frein, et de l’environnement une opportunité pour les entreprises plutôt qu’une contrainte : cette ambition souvent rappelée reste ainsi un défi majeur pour la plupart des acteurs en jeu (entreprises, gouvernements, régions ou villes), s’ils ne veulent pas être accusés demain d’inconséquence, voire d’aveuglement collectif.

D’autant que si l’environnement a pu être au cours de ses dernières années l’otage de l’urgence économique et sociale, c’est-à-dire faire les frais de la priorité affichée au pouvoir d’achat et à l’emploi, l’optimisme économique retrouvé et le retour de la croissance permettent aujourd’hui des investissements beaucoup plus importants pour l’environnement. Cette conjoncture est donc assurément une chance à saisir, en même temps qu’une occasion à ne pas rater.

Télécharger le baromètre Viavoice - HEC Paris - BFM





Retour à la liste d'actualités

JavaScriptSettings