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Second tour de l’élection présidentielle : Pour les cadres, c’est le sursaut ou le chaos

26 avril 2017

Dans la dernière livraison du Baro-éco Viavoice pour HEC Paris, L'Express, Le Monde et BFM Business (avril 2017), l’indice synthétique du moral des cadres poursuit son ascension après la précédente hausse de mars. Ce niveau élevé, au plus haut depuis février 2008 et le début de la crise financière, est la preuve que les cadres français se montrent relativement optimistes sur l’issue du scrutin à venir, même si les inquiétudes ne manquent pas en cas de victoire de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon.

 

Emmanuel Macron et François Fillon perçus comme bien plus favorables aux entreprises que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon

A quelques jours d’un scrutin décisif pour l’avenir de la France, les cadres français montrent ainsi un regard totalement divergent sur les projets des candidats et leurs impacts sur l’activité des entreprises. Emmanuel Macron apparaît ainsi comme une figure particulièrement rassurante pour les cadres, avec 46 % d’entre eux qui pensent que son élection aurait un « impact positif » pour l’activité des entreprises, contre 19 % seulement qui anticipent un « impact négatif » et 31 % « ni l’un ni l’autre ».

François Fillon, dans une moindre mesure, est porteur d’espoir d’amélioration pour 30 % des cadres, alors que 35 % anticipent un impact négatif et 31 % pas d’impact.

En revanche, les perspectives liées à une victoire de Jean-Luc Mélenchon et surtout de Marine Le Pen sont bien plus anxiogènes :

- 57% des cadres pensent qu’une victoire de Jean-Luc Mélenchon aurait un impact négatif sur l’activité, contre à peine 17 % un impact positif ;
- 74 % pensent également qu’une victoire de Marine Le Pen le 7 mai aurait un impact négatif, contre à peine 8 % d’un avis contraire.

Dans le détail, les candidats de la France insoumise et du Front national sont perçus comme porteurs de risques systémiques communs : sortie de l’Union européenne et de la zone euro, protectionnisme et isolement, explosion des dépenses publiques…

Pour les cadres, de telles « aventures » constituent à n’en pas douter des perspectives très risquées pour les entreprises, prédisant dans un tel cas de figure tout à la fois une fuite des capitaux, des entrepreneurs, et des talents.

Des risques systémiques portés par les candidats « anti-système » qui s’ajouteraient à une forte incertitude mondiale

Des risques élevés, donc, et qui seraient par ailleurs accentués par une géopolitique mondiale qui inquiète déjà particulièrement depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Si 63 % des cadres pensent que les fondements de l’économie américaine n’ont pas beaucoup changé ces derniers mois – contre 8 % pour lesquels l’économie américaine se porte « mieux », et 19 % « moins bien » – ils sont également 63 % à considérer que Donald Trump, dont les velléités de protectionnisme et les décisions restent imprévisibles, est une menace pour l’économie internationale et l’économie française.

Dans ce contexte, nul doute que la victoire d’un candidat tout aussi imprévisible en France ne pourrait que créer des risques importants pour de nombreux groupes français.


Face à ces enjeux, des cadres plutôt confiants à l’approche du scrutin

A rebours de ces craintes, l’amélioration des perspectives des cadres ces dernières semaines montre un certain optimisme de leur part à l’approche du scrutin.

Ils sont notamment 22 % à penser que leur situation financière s’améliorera dans les mois à venir, en hausse de 3 points depuis mars.

La motivation interne en entreprise est aussi en hausse avec 45 % des cadres qui trouvent leurs collaborateurs motivés (+3). Un optimisme certes relatif mais qui prouve que pour les cadres, l’économie française a plus de chances dans les semaines à venir de se diriger vers le « sursaut » que vers le « chaos ». 


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