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La compétitivité des nations en 2013 selon le Forum Économique Mondial

Dans l’attente d’une franche reprise, la France recule au 23ème rang.
Ses performances sont dans la moyenne des pays développés

Edouard Mathieu1

Bertrand Moingeon2

Le classement annuel du Forum économique mondial (World Economic Forum) synthétise les performances des pays dans un grand nombre de domaines : institutions, infrastructures, politique macroéconomique… Au total, douze « piliers de la compétitivité ». Les données utilisées proviennent majoritairement d’une enquête de perception réalisée au printemps dans chaque pays par un institut partenaire, dont HEC pour la France, et les résultats résultent d’une moyenne entre les opinions du printemps 2013 et du printemps 2012.

Les dix pays de tête sont les mêmes que l’an dernier, mais avec quelques modifications de détail qui reflètent la vigueur de la sortie de crise dans les pays concernés. La Suisse reste en tête, devant Singapour qui symbolise la montée de l’Asie et la Finlande, premier représentant de l’Union européenne devant l’Allemagne qui progresse. Les États-Unis, cessent de perdre des places, pour la première fois depuis quatre ans, et progressent à la cinquième place.   La Chine cesse de progresser dans le classement depuis l’an dernier, mais, à la 29ème place, elle se situe déjà au niveau de la moyenne de l’Union européenne. Il est vrai que l’Union européenne présente toujours des résultats très dispersés, avec cinq membres qui figurent dans le top 10, tandis que les pays les plus affectés par les crises de l’euro se classent assez loin, la Grèce émargeant même au 91ème rang.

La France cède encore deux places cette année, à la 23ème place sur les 144 pays examinés. Compte tenu de l’étroitesse des écarts de scores entre les pays développés, il peut être utile de considérer les évolutions sur plus long terme. En 2007, la France était 18ème avec un score global de peu supérieur à celui de 2013 (5,18 contre 5,05). Les pays européens qui n’ont pas connu cet effritement de leurs performances, comme la Belgique ou le Luxembourg, sont désormais devant la France. Il en est de même de plusieurs économies émergentes à progrès rapides, comme le Qatar.

Entre 2007 et 2013, plusieurs atouts relatifs de la France se sont effrités et plusieurs points faibles se sont atténués ; au total le profil économique de la France est de plus en plus proche de la moyenne des pays développés (graphique ci-dessous).

En matière de santé et éducation primaire, par exemple, la France se classe 24ème en 2013 alors qu’elle était 12ème en début de période. De même, les jugements sur la gestion des entreprises françaises ont été revus à la baisse dans presque toutes les dimensions : sur la qualité des fournisseurs locaux comme sur la volonté de déléguer l’autorité… À contrario, parmi les points faibles traditionnels, l’efficience du marché du travail progresse quelque peu : la France est classée 71ème en 2013 contre 98ème en 2007. Son score demeure très loin du score du leader – Singapour - mais est moins éloigné de la moyenne des pays développés.

En matière d’éducation supérieure et de formation professionnelle, la France n’est que 24ème, mais avec plusieurs points d’excellence. En particulier, la France fait partie des leaders mondiaux pour les écoles de commerce (business schools), avec la Suisse ou les États-Unis. Cette année la Suisse est encore en tête, mais les scores attribués par les cadres d’entreprise ne réussissent pas vraiment à départager les leaders qui passent donc alternativement en tête selon les années, sans pouvoir se distancer de plus d’un demi-point de score.



1 Chercheur associé à HEC Executive Education. Contact : edouard.mathieu@noos.fr.

2 Professeur et Directeur Général adjoint de HEC Paris. Directeur de l’Institut de l’Europe de HEC et membre du GREGHEC, unité CNRS (UMR 2959). Contact : moingeon@hec.fr.

 

 



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