JUIN
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[Entretien avec Pierre Guirard, co-fondateur de Pneu-WYZ, qui vient de clôturer une levée de fonds de 700K€. Retour d'expérience donc avec cet incubé de la promo n°3 !]
Bonjour Pierre. Tu as quitté l’incubateur il y a maintenant près d’un an. Comment a évolué pneu-WYZ depuis ?
Initialement notre focus s’est porté sur le business consommateurs : celui-ci était à priori le plus valorisant et le plus facile à dynamiser.
Erreur ! Les coûts d’acquisition des clients sont beaucoup trop élevés pour une jeune start-up comme Pneu Wyz. Nous avons dans le même temps découvert que l’approche Flottes d’Entreprise que nous avions élaborée était extrêmement puissante (Etienne Krieger nous l’avait dit) et nous avons essayé de recentrer nos moyens vers cette activité.
Petit clin d’œil du destin, au moment où nous finalisions notre troisième outil internet (vente des pneumatiques à destination des distributeurs automobiles), le constructeur Chevrolet nous a sollicité pour mettre en place leur propre plateforme d’approvisionnement.
Affaire conclue en 8 jours (incroyable !), qui plus est le jour de notre victoire aux Mercure des Entrepreneurs HEC. Coïncidence ? Notre revirement stratégique est une succession d’opportunités, pour lesquelles notre seul mérite a été d’Ecouter…

Tu viens d’annoncer une levée de fonds avec notamment Jean-Michel Aulas à ton capital. Comment s’est passée cette levée ?
Suite au Mercure et au « petit-déjeuner rencontres investisseurs » organisé par Guilhem, nous avons discuté avec un certain nombre de Business Angels et de fonds d’investissement, susceptibles d’être intéressés par notre profil. Nous avons dans un premier temps très clairement « cafouillé » par méconnaissance de ces approches et par manque de chiffre d’affaires.
Prendre le risque de quitter une grand manufacturier, un gros salaire pour voir le capital de notre start-up s’évaporer pour rien, il n’en était pas question. A contrario, nos premières valorisations étaient loufoques. Le déclic est venu le jour où nous avons compris que nous prenions le problème à l’envers.
Nous nous sommes posés 3 questions :
- de combien avons-nous besoin ?
- avec qui souhaitons-nous collaborer ?
- quel % du capital acceptons-nous de céder ?
Une fois les réponses apportées, j’ai de moi-même contacté les personnes que je souhaitais voir à nos côtés. D’un côté j’ai écrit à Jean-Michel Aulas, que je connaissais depuis 2000 suite au partenariat Continental/Olympique Lyonnais, sur lequel je m’étais à l’époque engagé pour 4 ans.
J’ai toujours apprécié cet Entrepreneur à succès et nous avions gardé des contacts. Nous savions qu’il pourrait nous apporter, au delà de tout investissement, l’expérience et la crédibilité que nous recherchions. D’autre part, j’ai fait appel à ma famille et à des amis pour une opération complémentaire de « Love Money ».
Comme m’a dit un de mes amis (et nouvel associé) « soit tu te fâches avec la moitié de tes potes, soit tu deviens un invité permanent chez chacun d’entre eux! ». J’ai pris cette option, car dans le même temps je pense sincèrement qu’il ya plus d’opportunités que de risques dans cette opération.
Nous avons levé au total 700 k€ en ouvrant 15% du capital de la holding et 13% de la filiale française (unique filiale pour l’instant).
C’est important de s’entourer de personnes d’expérience ? Qu’est-ce que ça apporte ?
Jérôme, Eric et moi, nous avions à nous trois beaucoup de compétences réunies, mais sans aucun doute beaucoup de lacunes en matière d’Entrepreneuriat. Quand je vois le chemin que nous avons parcouru en 15 mois, je me dis que les options prises au départ (en particulier dans le cadre de l’incubateur) étaient bonnes et que les conseils d’Etienne et de Guilhem étaient sains.
Avoir un œil « stratégique » extérieur est très important, notamment à certains moments clés du développement de la nouvelle Entreprise. Par ailleurs, je peux affirmer que le soutien qui vient de nous être donné par le staff de Jean-Michel Aulas dans le cadre de l’augmentation de capital, du passage en SAS et de la mise « au carré » juridique de notre entreprise est d’une valeur inestimable. Ca n’enlève en rien à notre mérite !
Et enfin, si tu devais donner un conseil à quelqu’un qui entamerait sa phase de levée de fonds ?
Je pense que le plus important est de bien définir le Business Plan, les besoins, les aspirations (quel profil d’investisseur, gestion à court terme ? à moyen terme ? un Entrepreneur ? …) et ensuite il faut dire les choses le plus simplement possible. Cela permet de gagner finalement du temps et d’éviter de se disperser (économies de temps et de coûts !)
Merci Pierre et à bientôt !

