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L’entrepreneuriat Africain : sujet de thèse récompensé par HEC Entrepreneurs

30 mai 2017

La thèse de Camille Andrieu "Le XXIe siècle s'invente en Afrique" vient d’être publiée aux éditions Atlande

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Désireux de récompenser l’excellence parmi les projets de ses étudiants, le programme HEC Entrepreneurs a créé un prix annuel venant récompenser une thèse professionnelle ou un mémoire particulièrement marquant.  Pour cette édition 2017, le programme a décerné le prix à Camille Andrieu (MS Entrepreneurs 2016) pour sa thèse intitulée : Le XXIe siècle s’invente en Afrique. La jeune femme vient de voir publier son travail par les éditions Atlande.

Entretien avec cette jeune femme inspirante.

Camille, pour quelles raisons avez-vous décidé de travailler sur l'entrepreneuriat africain dans le cadre de votre thèse?

L’Afrique demeure, dans une certaine mesure, le continent oublié de la planète, qui fait l’objet de nombreux préjugés négatifs injustifiés. A contrario, en plus des immenses ressources de son sous-sol et du développement économique et démographique dont elle fait preuve depuis le début du XXIe siècle, l’Afrique recèle un immense potentiel que j’ai souhaité étudié et mettre en avant dans mon ouvrage.

Ce potentiel s’exprime actuellement à travers une révolution numérique que l’Afrique est en train de réaliser en s’appuyant sur un réservoir de créativité, d’innovation et d’entrepreneuriat étonnant. C’est en particulier à travers cette dynamique entrepreneuriale que les makers africains prennent la maîtrise de leur croissance et la maîtrise de leur destin. Les innovations proposées par les Africains sont souvent des solutions ingénieuses simples qui répondent aux  problèmes concrets du  continent,  avec des  idées pour  « faire  plus  avec moins ». La première imprimante 3D constituée de composants électroniques usagers, la W. Afate, y a ainsi été réalisée. Des drones sont utilisés au Rwanda pour désenclaver les populations ou encore dans le désert pour guider les migrants. Des Fintech, comme M-Pesa qui permet à la population kenyane de transférer de petites sommes d’argent à une autre personne en utilisant son seul téléphone, font office d’outils d’inclusion bancaire. Ces innovations, inspirées de la philosophie dite du jugaad, suivent la logique des innovations inversées qui commencent à interpeller nos civilisations occidentales. Ce changement de paradigme m’a particulièrement passionnée.

D’un point de vue plus personnel, le continent africain a été ma destination privilégiée de découverte du monde. En effet, dès l’âge de six ans, j’ai commencé à parcourir le Sahara tunisien, l’Afrique francophone et l’Afrique de l’Est, et j’ai été confrontée à de nouvelles civilisations qui ont éveillé fortement ma curiosité. Leur histoire et leur générosité ont été la source de multiples réflexions personnelles.

Votre thèse a été supervisée par Jacques Attali. Quelles ont été les circonstances de cette rencontre ?

J’ai eu l’opportunité et la chance de réaliser mon stage bras droit d’HEC Entrepreneurs au sein de l’ONG Positive Planet fondée par Jacques Attali, qui m’a transmis son vif intérêt pour l’Afrique. J’ai participé à l’organisation du Positive Economy Forum qu’il a organisé au Havre en 2016. Cet événement inspirant a pour ambition de participer à l’émergence d’une société positive, qui réoriente l’économie vers la prise en compte de l’intérêt des générations futures. La conférence que j’ai animée avait comme thématique l’émergence d’un écosystème favorable aux startups positives en Afrique. Cet évènement m’a permis de rencontrer et de dialoguer avec des entrepreneurs africains qui contribuent pleinement par leur énergie au décollage de l’économie africaine.